LA LITTÉRATURE ET LES ARTS.
pendant rien n’est plus rare que de caractériserassez des personnages inconnus, pour qu’ils aientautant de consistance cpie de noms déjà cé-lèbres. Léar , Qthello , Orosmane , Tancrèdeont reçu de Sbakespear et de Voltaire l’im-mortalité, sans avoir joui de la vie : toutefoisles sujets d’invention sont d’ordinaire l’écueildu poète, par l’indépendance même qu’ils luilaissent. Les sujets historiques semblent imposerde la gêne ; mais quand on saisit bien le pointd’appui qu'offrent de certaines bornes, la car-rière qu’elles tracent et l’élan qu’elles per-mettent, ces bornes mêmes sont favorables autalent. La poésie fidèle fait ressortir la véritécomme le rayon du soleil les couleurs, et donneaux événements qu’elle retrace l’éclat que lesténèbres^du temps leur avoient ravi.
L’on préfère eu Allemagne les tragédies his-toriques , lorsque l’art s’y manifeste, comme LeProphète du passé (i). L’auteur qui veut com-poser un tel ouvrage doit se transporter enentier dans le siècle et dans les mœurs des per-