70
« chaste épouse du ciel, lxâte-toi d’accomplir ton« vœu. Les biens de la terre sont trompeurs, la« destinée de ta reine te l’apprend. C’en est assez,« adieu pour toujours, adieu. »
Marie reste seule avec Meivil, et c’est alors quecommence une scène dont l’effet est bien grand,quoiqu’on puisse la blâmer à plusieurs égards. Laseule douleur qui reste à Marie après avoir pourvuà tous les soins terrestres, c’est de ne pouvoirobtenir un prêtre de sa religion pour l’assisterdans ses derniers moments. Meivil, après avoirreçu la confidence de ses pieux regrets, lui ap-prend qu’il a été à Rome , qu’il y a pris les ordresecclésiastiques pour acquérir le droit de l’ab-soudre et de la consoler : il découvre sa tête pourlui montrer la tonsure sacrée, et sort de sonsein une hostie que le pape lui-même a béniepour elle.
« Un bonheur céleste , s’écria la reine ,« m’est donc encore préparé sur le seuil même« de la mort. Le messager de Dieu descend« vers moi, comme un immortel sur des nuages« d’azur : ainsi jadis l’apôtre fut délivré de ses(t liens. Et tandis que tous les appuis terrestres« m’ont trompée, ni les verroux, ni les• épées« p’ont arrêté le secours divin. Vous, jadis mon