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26 (1766) La suite de l'histoire d'Afrique; savoir l'histoire moderne de Barbarie, des royaumes de Maroc et de Fez, d'Alger, de Tunis, de Tripoli, de Barca, et l'histoire de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, ou des chevaliers de Malthe
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DE B A R B A R I E. L iv. XXI. Chap. II. 24$bride il se cassa la tête dans un Bois dorangers. Hamet , un de ses neveux, Sectïôi»Bacha de Maroc, se fit proclamer Roi , pendant que son frere en faifoit III.autant à Tafilet. Mais Muley Ismaël , lautre fils de Muley Chéris ôc frere tíijlmrade Muley Archi , trouva moyen de se défaire de ces deux Concurrens, de fe ^ s H ierissrendre maître de lEmpire, & de fe rendre plus grand, plus puissant & plus aroc *riche quaucun de ses prédécesseurs.

Muley lsmacl, non moins fameux en Europe quen Afrique par fa p 0 - Mule ylitique ik ía cruauté, & ce qui peut paroicre étrange, & même formelle- ífmael.ment contradictoire, par son zele pour fa Religion, & par son exactitude 1672.à lobserver (*), commença à regner en 1672. Avant ce tems- il vécutcomme un particulier dans Mequinez, qui nétoit alors quun Château, àdouze lieues de Fez, mais dans lendroit le plus agréable & le plus fertile deBarbarie. il soccupoit à cultiver la terre, & comme il aimojt beaucouplargent il sappliqua aussi au Commerce. La belle situation de Mequinez len-gagea, après quil fut monté fur le trône, à en faire fa principale résidence& la Capitale de son Empire ; dans cette vue il y fit faire quantité de beauxédifices, mais il en fit aussi abattre plusieurs pour rebâtir en dautres en-droits , en forte qu'on dit que sils fubsistoient, ils formeroient une ruecontinue jufquà Fez. Mais il difoit quil faifoit bâtir & abattre ainsi pourtenir ses sujets occupés ; car, ajoutoit»il, quand je tiens un panier plein derats, ils le rongeroient pour en sortir, si je ne les tenois dans un mou-vement continuel.

II est vrai quà cet égard, comme à tous les autres, il traitoit ses sujets Cruel, ».comme autant de bêtes, de la vie & des biens defquels il diípofoit arbi - vare &traitement. Souvent il coupoit la tête aux uns, tuoit les autres dun coupde fusil pour montrer son adresse. Du reste il chargeoit les autres de tantdimpôts & de travaux, quils étoient plus à plaindre que ceux à qui il fai-foit perdre la vie. II étoit si avide damasser des trésors, dont son avaricesordide ne lui permettoit pas de fe servir, quil accabloit tous les jours sespeuples de nouvelles taxes, fans faire aucune dépense pour sa maison nipour ses armées. II obligeoit les Maures à servir à leurs dépens, fans leur

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(*) II étoit si rigide Mahométan, quil ne voulut jamais durant tout son régné hoi-rs ni vin ni liqueur forte. 11 observoit régulièrement le Ramadan,ou le Carême, du-rant quatre mois avec une austérité extraordinaire , & nétoit pas moins exact auxablutions, aux prières ordinaires, & aux autres rites de fa Loi. II nentreprenoit ja-ttais rien dimportant fans sêtre prosterné longtems par terre, pour demander les lu-mières & le secours de Dieu, fermement persuadé que Mahomet ne manqueroit pasde les obtenir pour lui, en forte que quelque fût le résultat de ses dévotions, i! croyoitfermement que cétoit par la direction de ion Prophète quil avoit agi.

Toujours prompt à faire justice, il 1 administré avec beaucoup de rigueur & dim.partialité, mais souvent il se laiffoit aller à des excès inouïs. En voici un exemple- Unpauvre Fermier Berebere, sétant plaint à lui que quelques-uns de ses Negres, à quilon favoit bien quil ne donnoit pas grand chose, lui avoientvolé une couple de bœufs,qui faîfoient toute fa richesse Muley ífmael fit passer toute fa Garde Negre en revue, ti-rant fur tous ceux que le Fermier lui indiquoic. Lui ayant ensuite demandé quel dé-dommagement il lui donneroit pour tant de bons hommes, le pauvre Berebere ne fut que^pondre, &-dessus ífmael lui fit subir le même sort quaux voleurs (i>

st) IiislOty of Barbary, Scc.

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