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Tome premier.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 35

devinrent par beaucoup plus aptes à servir et à concourir à la défense delétat (t).

La France fut, à cette même époque, divisée en duchés et comtés. Clovis avait à récompenser ses compagnons darmes; il en fît des comtes et des ducs.Ces titres étaient électifs; ils ne devinrent héréditaires que sous les rois de laseconde race.

Suivant Dulaure et suivant dautres historiens, ce serait au règne de Clovis que les grandes dignités militaires, la connétablie et le maréchalat, auraientété instituées (2) ; mais ce nest guère quau xvi e siècle que les attributions deces deux charges importantes se trouvent bien déterminées (3). Cest aussi auau règne de ce souverain que furent créés les premiers ordres militaires (4).

Tels sont en résumé les titres de gloire de Clovis . Chef électif dune tribuguerrière, mais indisciplinée et barbare, il parvint dès son début, par un actede sanglante fermeté (5), à plier ses soldats à la discipline. Il traverse le Rhin ,détruit la dernière armée romaine, agrandit jusquaux Pyrénées son royaume

(1) Les Francs et les Gaulois ayant un intérêt égal à repousser de nouvelles invasions, il estvraisemblable, quoique les historiens contemporains soient muets à cet égard, que ceux-cifurent admis dans larmée à lépoque de la bataille de Tolbiac.

(2) Le mot maréchal vient sans doute de deux mots allemands , mar (cheval) et scalck (ser-viteur). Quant au mot connétable, il vient de cornes stabuli. « Toute noblesse vient du cheval, »a dit Jean-Jacques Rousseau . Il nest donc pas surprenant de trouver un intime rapport entre lenom dun cheval et les premières dignités militaires. Les Grecs avaient leur kaballarios. Lecavalot était une pièce de monnaie du règne de Louis XII . Le cavalier existe au jeu déchecset dans lartillerie, etc.

(3) Avant Philippe-Auguste , les connétables et les maréchaux faisaient les fonctions daidesde camp et décuyers du roi. Un souverain avait pour laider dans ses entreprises un sénéchal(senex caballus), vieux cavalier. (Vossius .) Nous reviendrons sur cette charge, dont les hommesqui en étaient investis avaient hérité, sous la seconde race, de lautorité quavaient les mairesdu palais sous la première. Sous la troisième race, le connétable hérita de cet office. Le ma-réchal devint alors laide de camp du connétable, comme celui-ci lavait été du sénéchal. Quoiquil en soit, il y avait dans les armées un connétable; ce connétable avait sous ses ordres plu-sieurs maréchaux. Nous dirons plus tard qui, du connétable ou du maréchal, commanda lepremier les armées. En 783, Charlemagne avait pour le seconder dans ses entreprises deuxmaréchaux de France, quoique le titre ne fût pas alors complété. Quant à nous, nous pensonsque la dignité de connétable et de maréchal existait sous le règne de Clovis comme office, etquelle nexiste comme charge quau xn« siècle, puisque déjà, en 1189, pour distinguer le maré-chal de la couronne des maréchaux particuliers des ducs et des comtes, on trouve dans leschartes le titre de marescallus Franciæ, marescallus regis. Larticle 4 de la loi salique (titre 79) parle des sénéchaux et des maréchaux. Le berceau de la connétablie et du maréchalatest donc placé dans le lointain glorieux se trouvent les fondateurs de la monarchie française.

(4) Lordre du Chien fut fondé en 496 par Lisoye de Montmorency, pour perpétuer le souvenirdu baptême de Clovis et de ces chevaliers. Cet ordre consistait en un collier ou chaîne dor àlaquelle pendait un chien de même métal. Lordre de la Sainte-Ampoule date de la mêmeépoque.

Lordre du Coq, créé peu de temps après, fut bientôt fondu dans le premier. Ces deux déco-rations réunies prirent la dénomination d 'Ordre du Chien et du Coq. La médaille suspendue aucollier porta alors leffigie dun chien et dun coq, au bas de laquelle on ajouta ce mot : Vigiles.

(5) Lhistoire du vase de Soissons est trop connue pour que nous la rappellions ici.