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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

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geait les pauvres gens qui souffraient de la faim, qui secondait en chairele ministre de l’Évangile. Les misères augmentaient ; la famine décimaitchaque jour avec plus de fureur les habitants; mais les plaintes venaientmourir auprès de l’inflexible Guiton. Il faisait pendre les hommes et fouetterles femmes quand ils parlaient de se rendre. Un jour il vit une personne exté-nuée par la famine. Elle n’a plue qu'un souffle de vie, lui dit-on. En êtes-vous sur-pris ? répondit-il, il faudra que nous e:i venions là, vous et mai, si nous ne sommesplus secourus. Mais, ajouta un autre, la faim emporte tous les jours tant de, monde,que bientôt nous n’aurons plus d’habitants. Eh, reprit Guiton, il suffit qu’il en resteun pour fermer les portes. La duchesse de Rohan et sa famille, qui se trouvaientenfermées dans la ville, en étaient réduits à manger du cheval et du cuir bouilliavec du suif.—Mais avec une âme aussi fortement trempée que la sienne, Guitonne pouvait songer à une capitulation. — D’ailleurs on espérait la prochainearrivée de la flotte anglaise. Et, en effet, vers le milieu de septembre1628, une flotte sortit de la Tamise et de Portsmouth , et se montra le 28 à lahauteur de l’île de Ré . Le comte de Lindsay la conduisait ; elle était forte decent quarante bâtiments et devait agir contre la digue construite par Richelieu.Les Rochelois espérèrent et redoublèrent d’ardeur. Les soldats de l’armée deRichelieu furent animés de leur côté du plus vif enthousiasme, tous brûlaientde combattre la flotte anglaise. On accourait de tous les points du royaumepour repousser cette attaque. Les ducs de Chevreuse, de Bellegarde, le cardi-nal de La Valette, le maréchal d’Estrées, firent près de cent lieues pour se trou-ver aux premiers coups d’épée qui seraient donnés contre les Anglais . Riche-lieu divisa son armée en trois brigades, presque toutes composées de volontairesnobles et placés sous les ordres du comte d’Harcourt, de La Rochefoucauld etdu marquis de Nesles. La flotte anglaise fit plusieurs tentatives pour attaquerla flotte du roi, mais elle fut repoussée. « Le mardi, 3 octobre, les ennemis,

» ayant bon vent pour attaquer l’armée navale du roi, appareillèrent dès les» quatre heures du matin, en sorte qu’à six heures précisément le combat» commença, qui a fini entre neuf et dix. Il s’y est tiré cinq mille coups de» canon de part et d’autre ; le principal vaisseau des ennemis a été coulé à» fond ; on a pris deux autres barquettes aux ennemis. Ceux de la Rochelle i> n’ont pas eu le cœur de faire sortir personne par terre ni par mer, que trois» chaloupes, dont une a été enfoncée et perdue à la vue de tout le monde; du» reste ils sont fort abattus. Le roi n’a perdu que six hommes en toute son ar-» mée navale et trois blessés. Les vaisseaux de Sa Majesté ont fait merveille,

» quoique les ennemis eussent l’avantage du vent. Sa Majesté a vu tout le» combat et était en un lieu où plusieurs coups de canon sont venus à quatre» pas d’elle ; d’autres ont passé à côté et sur sa tête, sans que jamais elle ait» voulu se retirer quoique ses serviteurs l’en suppliassent (1). »

(1) Relation du grand combat naval faitdevant la Rochelle le 8 octobre 1628, envoyée par le roià la reine, sa mère. — L’auteur de cette relation était sans doute le cardinal de Richelieu lui-même, qui, durant le siège, rédigea plusieurs bulletins fort curieux.