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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

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la Barge alla à un et le tua de son pistolet. L’autre, ayant joint le vicomte, leprit parle baudrier, et lui dit : Bon quartier, M. de Turenne. Le général le tuad’un coup d’épée. Des trois cavaliers qui restaient, l’un, qui paraissait êtreofficier, tire un coup de pistolet au vicomte et le manque; ensuite ils se reti-rent tous trois, craignant d’avoir le môme sort que leurs compagnons. Un offi-cier du régiment de Beauveau, passant dans cet instant, et ayant reconnu M. deTurenne, lui donna son cheval, avec lequel il poursuivit sa route sans rencon-trer aucun ennemi. Dans cette bataille fameuse, surtout parce que Turenne laperdit, les Français firent deux mille prisonniers et se rendirent maîtres dehuit pièces de canon.

Turenne, quoique vaincu à Réthel, parut si grand aux Espagnols , qu’ils luidonnèrent pouvoir de nommer à tous les emplois qui vaquaient par la mortdes officiers tués dans le combat, et lui envoyèrent cent mille écus à comptesur ce qu’ils lui avaient promis. Mais cet homme, vertueux jusque dans seségarements, averti qu’on travaillait à la liberté des princes, renvoya les centmille écus, et ne crut pas devoir prendre l’argent d’une puissance avec laquelleil prévoyait que son engagement allait finir.

A peine le grand Turenne a-t-il déposé son épée de sujet rebelle, que leprince de Condé, à son tour, lève l’étendard de la révolte (1652). Il surprendà Blenau le maréchal Ilocquincourt, et essaye d’enlever la cour, qui était àGien . Mais Turenne, à la tète des troupes royales, déjoua les projets du prince,et défit son armée au combat d’Etampes .

Condé se porta alors sur Paris, et s’établit sur les bords de la Seine , vers lefaubourg Saint-Antoine. Les barrières de ce faubourg devinrent entre sesmains des remparts; l’esplanade, le terrain de la porte de Paris, sous le feu dela Bastille, furent sa place d’armes. Construire de nouvelles barricades, éleverdes retranchements, les munir de fossés, créneler des maisons, les garnir demousquetaires, disposer son artillerie et ses troupes dans des postes avanta-geux, voir d’un coup d’œil, exécuter rapidement ce qu’il y avait à faire; telsfurent les travaux opérés en peu de jours par le prince de Condé dans ce fau-bourg que l’on regardait comme devant être le terme de sa gloire.

Pour se former une idée précise et claire de ce combat, jetons les yeux sur leterrain qui en fut. le théâtre. Le faubourg Saint-Antoine, l’un des plus vastesde la capitale, forme une patte d’oie; trois rues immenses aboutissent à la portede la ville : elles sont coupées par d’autres rues qui les traversent.

Content d’avoir acculé son ennemi sur les bords de la Seine , Turenne voulaitattendre l’artillerie et les troupes du maréchal de la Ferté pour assurer son suc-cès. Le 5 juillet 1652, il s’avance et fait des dispositions telles qu’il ne devaitlui échapper aucun ennemi si les Parisiens ne rompaient leur neutralité en re-cevant le prince de Condé dans leurs murs. Il rangea son armée sur une lignecourbe depuis Charonne jusqu’à la Seine , et prépara trois principales attaques.La première, à droite, aux ordres de Saint-Mégrin, embrassait la rue de Cha-ironne et les rues adjacentes. Le duc de Navailles conduisait celle de la rue de'Charenton. Turenne se réserva celle du milieu, qui menaçait la grande rue.

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