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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. f»

Quoi qu'il en soit, le grand pensionnaire de Witt voulait la paix à quelqueprix que ce fût, contre l’avis du prince d’Orange, qui tenait pour suivre laguerre jusqu’à la dernière extrémité. De Witt l’emporta; quatre députésfurent envoyés à Louis XIV . Louvois les reçut avec sa hauteur ordinaire:trois fois il les fitrevenir, et trois fois ils retournèrent à Amsterdam sans avoirété admis en présence du roi. Enfin Louis leur fit savoir qu’il voulait que laHollande lui cédât toutes ses possessions au delà du Rhin, Nimègue. etdeuxoutrois autres villes situées dans l’intérieur du pays ; en outre, les Etats devaientpayer vingt millions, livrer aux Français tous les grands chemins et tous lescanaux, et chaque année envoyer au roi de France une ambassade pour luiprésenter une médaille d’or dont la légende serait la reconnaissance qu’ilstenaient de lui leur liberté.

Une pareille exigence produisit une réaction terrible. Les deux frères deWitt, qui avaient demandé la paix, furent massacrés par la populace, etune autorité absolue fut conférée au prince d’Orange. U en profita aussitôtpour faire lâcher toutes les écluses et inonder le pays : villes, villages, maisonsde campagne, tout fut submergé. Amsterdam alors se leva au milieu deseaux comme une île de pierre, et les vaisseaux, ayant assez de fond pourvoguer là où trois jours auparavant jaunissaient les moissons et verdissaientles prairies, vinrent se ranger autour d’elle comme autant de forts mou-vants et détachés. Ainsi la Hollande, vaincue sur terre, redevenait invinciblesur son véritable élément.

Pendant que l’armée française se répandait comme un torrent dans lesProvinces-Unies, cette république, semblable à celle d’Athènes , transpor-tait ses forces sur ses vaisseaux, et l’amiral de Ruyter, nouveau Thémistocle ,livrait dans les eaux du Texel, aux flottes réunies de la France et de l’An-gleterre, un combat naval qui sauvait sa patrie sur mer pendant qu’ellesuccombait par terre.

Le prince d’Orange de son côté, animé du patriotisme le plus ardentachevait d’inonder tous les points de la Hollande où pouvaient pénétrer le»-troupes françaises, et en appelait à l’Europe des débordements ambitieuxde Louis XIV . Ses négociations, promptes et secrètes, réveillèrent les craintesde l’Allemagne , excitèrent la jalousie de l’Empereur, décidèrent à la guerrele conseil d’Espagne et le gouverneur de Flandre , et détachèrent l’Angleterrede l’alliance française. Charles H fit passer 4,000 hommes en Hollande ; Léo-pold y envoya Montecuculli , avec 25,000 soldats; enfin l’électeur de Bran-debourg se mit en marche pour Amsterdam à la tête d’une armée encore plusconsidérable.

Il y avait à peine trois mois que les armées françaises avaient envahi laHollande, que déjà l’Europe tout entière se préparait à la guerre et embras-sait avec ardeur la cause de cette république.

Dès lors la face des événements changeait ainsi que le théâtre de la guerre.Louis XIV ne pouvait plus songer à envahir la Hollande sans s’exposer àêtre coupé de sa ligne d’opérations.