ET HE TOUS LES RÉGIMENTS. 10."
du Rhin jusqu’à Bonn , qu’il investit; Montecueulli longea la rive droite duMein, s’avança vers Mayence , où il passa le fleuve, faisant mine de vouloirentrer en Alsace par la rive gauche. Turenne prit le change, et se dirigea entoute hâte sur Philipsbourg; mais Montecueulli embarqua son infanterie surle Rhin, qu’il descendit jusqu’à Cologne , se réunit au prince d'Orange, etpressa plus vivement le siège de Bonn . Turenne, humilié de s'être laissétromper, descendit le Rhin pour venir au secours de Bonn ; mais cette placeavait capitulé après quelques jours de tranchée ouverte.
Les armées entrèrent alors en quartiers d’hiver de part et d’autre, lesFrançais en Alsace , l’ennemi dans lePalatinat. La conduite de Turenne a étévivement critiquée. On lui a reproché :
1 ° D’avoir manœuvré trop loin de l’ennemi;
2° De n’avoir pas agi d’après ce que faisait son adversaire; l’art de laguerre n’étant pas un art conjectural, dit Napoléon , il devait régler ses mou-vements sur ceux de son adversaire. Cette faute, ajoute l’empereur, fait unnuage pour sa gloire. C’est la plus grande qu’ait commise ce grand capitaine.
Le prince de Condé, de son côté, tenta vainement de pénétrer au cœur dela Hollande et d’assiéger Bois-le-Duc ; l’inondation s’opposa à toutes ses en-treprises. Il s’était porté de NVesel sur Rotterdam ; la saison était pluvieuse,la campagne était encore couverte d’eau et tellement fangeuse sur les pointsqui n’avaient pas été inondés, que la cavalerie ne pouvait s’y mouvoir et quel’artillerie ne pouvait y être engagée.
L’armée aux ordres du roi obtint des résultats plus décisifs et s’empara deMaëstricht . Cette ville était alors la principale place du Brabant hollandais.Elle servait de pivot et de centre à toutes les opérations, car elle dominaittout à la fois les bords du Rhin, la Hollande et la Belgique. Maëstricht étaitentouré de fortifications ; le corps de la place était entouré lui-même d’unebonne muraille flanquée de bastions, et les dehors avaient cinq ouvrages àcornes, tous retranchés, plusieurs bastions détachés et plusieurs demi-lunes,toutes revêtues; enfin, un excellent chemin couvert environnait tous ces ou-vrages de défense. La garnison comptait cinq mille hommes de bonnes trou-pes, mille chevaux et bon nombre de milices.
Le roi arriva le 10 juin devant Maëstricht . La tranchée fut ouverte aussitôtsous la direction de Vauban . C'est là qu’il prouva l’importance de son sys-tème et l’excellence de ces formes nouvelles de tranchée, de ces mouvementsréguliers d’un siège, qui font qu’à jour fixe une place doit se rendre. Maës-tricht capitula le 23 juin.
La prise de cette ville, en permettant de renforcer les autres corps d’armée,développait le plan de Louvois. La Hollande était enveloppée de tous côtés,et pouvait être enlevée par un coup de main; mais la déclaration de guerrede l’Espagne, les défections de l’électeur de Cologne et de l’évêque de Muns-ter, le retrait des troupes anglaises, les nouveaux subsides votés par la diètede Ratisbonne, les succès du prince d’Orange et de Montecueulli sur le Rhin ,ne permirent pas aux Français d’occuper une ligne aussi étendue que celle