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Tome second.
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U2 HISTOIRE DE L’ARMÉE

que de rappeler les ravages du Palatinat. Catinat , après sa victoire de Staffardeet la prise deMontmélian, n’avait pu s’opposer à cette irruption.

L’armée des Pyrénées , sous les ordres du duc de Noailles, manœuvraitavec succès dans la Catalogne ; elle assiégeait les villes de Rose et de Gironne ,tandis que l’armée navale du comte d’Estrées, fils du vieil amiral Duquesne,bombardait Barcelone et Alicante .

En résumé, les opérations de la campagne de 1692 furent, comme les pré-cédentes, glorieuses pour nos armes, mais peu décisives. Il avait suffi autre-fois à Louis XIV de quelques sièges et de quelques combats pour s’emparerde la Franche-Comté et de la Flandre . De belles batailles, de grandes actionsde guerre et des sièges nombreux n’avaient aujourd’hui d’autres résultats quede protéger nos frontières. — L’expédition d’Angleterre était manquée; labataille de la Hogue avait porté un coup terrible à notre marine en jetant dis-persés et brûlés sur les côtes de la Normandie quatorze de nos plus beauxvaisseaux de guerre. — Mais la prise de Namur et le combat de Steinkerqueavaient rehaussé l’éclat de nos armes, et donné à la France une excellenteligne du Nord. Du reste, ce résultat tenait au système de guerre générale.Après chaque bataille on considérait la campagne comme finie, et les ar-mées rentraient chacune dans leur pays, prenaient leurs quartiers et dispo-saient leurs forces pour la campagne prochaine. Il tenait aussi, disons-le, augénie et à l’habileté de Guillaume d’Orange , qui, toujours vaincu, reparaissaitplus redoutable encore après chaque défaite.

Campagne de 1693. — Louis XIV , voulant frapper un grand coup contreGuillaume, avait réuni en Flandre cent dix mille hommes, commandés par ledauphin et par les maréchaux Luxembourg et BoufElers, puis une magnifiqueartillerie commandée par les lieutenants généraux de Vigny et Saint-Hilaire.Il se mit lui-même à la tête de ses troupes ; mais, étant tombé malade, illaissa Luxembourg diriger seul les opérations. Il comptait sous ses ordrescent cinquante-cinq escadrons et soixante-quinze bataillons des meilleurestroupes de France . Il avait pour lieutenants généraux les maréchaux de Vil-leroi et de Joyeuse, le prince de Conti, les ducs de Chartres et de Bourbon.L’armée des alliés était composée de cent douze bataillons et de cinquante-unescadrons, tous soldats d’élite. Une foule de princes partageaient avec le roid’Angleterre la fatigue et les soins du commandement. Depuis longtemps l’onn’avait vu deux armées si redoutables ; toute l’Europe avait les regards fixés surelles : leur destinée allait régler celle du monde entier. Luxembourg rangeases troupes en bataille. L’infanterie de la droite occupa le village de Landen ,et celle de la gauche s'avança vers le village de Nerwinde . Entre ces deux vil-lages, dont la bataille prit le nom, il fit former une ligne de cavalerie com-posée de sept escadrons. Derrière, il en plaça une autre d’infanterie, afin queces troupes différentes pussent se soutenir réciproquement. Guillaume, ayantremarqué que le terrain était ouvert depuis Neer-Winden jusqu’à Landen , fitfaire un retranchement, derrière lequel il mit une partie de son infanterie.Quatre-vingts pièces de canon bordaient ce terrible rempart. Il étendit son