ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 4G1
resterait dans les lignes pour attendre l’attaque. C’était une faute, le princeEugène en profita, et força les retranchements après un combat opiniâtre.
Le maréchal de Marsin y fut blessé mortellement; le duc d’Orléans reçutcinq coups de feu, deux au côté, un au bras gauche, qui lui mit l’os du coudeà nu, et deux balles dans ses armes.
Cette terrible déroute eut des conséquences immenses: en quelques joursles Français se trouvèrent presque complètement chassés de l’Italie , qui tombaentière au pouvoir de l’Autriche et du duc de Savoie . Bientôt, Gères de leursuccès, les armées alliées voulurent envahir la France . Eugène pénétra dansle Midi une seconde fois en combinant ses opérations avec la flotte an-glaise qui croisait dans la Méditerranée. Le but des ennemis était de s’em-parer de Toulon , cet arsenal convoité par l’Angleterre et la Hollande. —Le prince Eugène passa le Var et entra dans la Provence , marquant son pas-sage par la dévastation la plus sauvage. — Il fut repoussé par les habitants,qui se rappelaient que leurs ancêtres avaient détruit les plus belles armées deCharles-Quint , et par le maréchal de Tessé, qui l’attendait près des gorgesd’Ollioules et qui le poursuivit jusqu’au delà du Yar. Mais l’Italie était perduepour la France .
En Espagne, les alliés, conduits par lord Galloway, qui avait quitté la France sa patrie et son nom de comte de Ruvigny pour servir la cause de l’Angle-terre, qui l’avait fait duc et pair ; les alliés, disons-nous, faisaient de rapidesprogrès. Ils s’étaient successivement emparés des provinces de Valeuce, deCarthagène et d’une partie de Grenade; Philippe V s’était retiré à Pampe-lune, désespérant de sa monarchie.—Le chemin de Madrid était ouvert à l’ar-chiduc Charles. Lord Galloway l’y conduisit et le fit proclamer roi des Espagneset des Indes. Le cabinet de Versailles délibérait si l’on ne devait pas envoyerPhilippe V régner en Amérique , afin de conserver au moins ce joyau de laroyauté de'Charles-Quint. Mais les Espagnols , qui jusque-là n’avaient prisqu’une part négative aux luttes des deux compétiteurs à leur couronne,embrassèrent ardemment le parti de Philippe Y quand ils le virent abattu.—En outre, Louis XIV , en envoyant des troupes à son petit-fils, en avait confiéle commandement au maréchal de Berwick, fils naturel de Jacques II .
Les guerres civiles avaient ainsi réparti la destinée de ces deux généraux :
C’était un Français qui combattait contre la France en Espagne ; c’était unAnglais qui soutenait contre l’Angleterre les intérêts de la France . Le maré-chal de Berwick était un excellent général, prudent et audacieux à la fois,qui appliquait dans ses manœuvres les mesures précautionneuses de la tac-tique anglaise, et dans l’action l’impétuosité de la furie française . Ber-wick, à force d’habileté et de manœuvres, chassa les alliés de Madrid , puisde la Castille, refoula les Portugais derrière leurs frontières, les Anglais et lesAutrichiens dans les trois provinces conquises. Puis, lorsqu’après le désastrede Turin, Louis XIV lui eut envoyé des renforts avec les débris de l’arméed’Italie , il reprit vigoureusement l’offensive, et, le 25 août 1707, livra la ba-taille d’Almanza, où l’armée anglo-portugaise fut presque complètement dé-
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