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Tome second.
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ET DE TOUS UES RÉGIMENTS. 221

s’accusaient mutuellement. Ces récriminations exposèrent â nu aux yeux del’Europe étonnée le détail des fautes des généraux, des officiers et de l’ar-mée, et accrurent l’humiliation et le dépit des Français .

Du reste, toute la suite de cette guerre n’offre qu’une série de combats sansintérêt et dont le détail est fastidieux. Toutes les opérations se concentrentsur les rives du Rhin , et n'ont d’autres résultats que de faire verser des (lotsde sang dans des pays incultes et désolés, que de faire peser sur de malheu-reuses populations l’affreux fléau de la guerre.

Toutefois, avant do terminer ce résumé d’une lutte désastreuse pour laFrance , n’oublions point de rappeler la mort du chevalier d’Assas à Closter-camp, héroïque dévouement qui jette un dernier rellet de gloire sur les dra-peaux usés de nos vieux régiments.

En 17G0, le prince héréditaire de Brunswick assiégeait Wesel . La prise decelte place portait la guerre sur le Bas-Rhin et dans le Brabant. Le mar-quis de Castries, commandant un corps de l’armée française , vint au secoursde la place assiégée, il emporta Rhinsberg l’épée à la main et jeta du se-cours dans Wesel . Le prince de Brunswick, qui n’avait point osé l’attendredevant Wesel , se porta à sa rencontre à Clostercamp, où il arriva dans la nuitdu 15 au 16 octobre. Le général français se doutant de ce dessein, avait faitcoucher' son armée sous les armes, et envoyé à la découverte. D’Assas ,capitaine au régiment d 'Auvergne, chargé d’une des reconnaissances,tombe dans un bois au milieu d’un gros d’ennemis qui l’environnent et lesaisissent à peu de distance de son régiment (1). Aussitôt vingt baïonnettestouchent sa poitrine et le commandant le menace de mort s’il pousse un seulcri. D’Assas se recueille un moment pour reprendre haleine, et il s’écrie detoute la force de sa voix : A moi, Auvergne ! voilà les ennemis! Il tombe mort.Mais son dévouement sauva l’armée. Le cri recueilli par le régiment d 'Au-vergue retentit bientôt dans tout le camp... Voilà les ennemis! Un combats’en-gage, énergique et furieux, au milieu des ténèbres ; les soldats du régimentD’Assas font des prodiges pour venger la mort de leur officier. Les Prus-siens cèdent à leur bravoure; ils abandonnent le champ de bataille,laissant 1,200 hommes tués ou blessés. Sanglante hécatombe offerte auxmânes du héros de Clostercamp (2) par l’armée qu’il venait de préserver d’undésastre.

Les deux années 1761 et 1762 furent marquées par les batailles de Wil-linghausen et de Wilhemshal, et par la capitulation de Cassel, c’est-à-dire parune victoire et deux revers. Enfin, le 7 novembre 1762, l’armée reçut la nou-

(1) Il n’est pas indifférent de rappeler cette circonstance, que d’Assas était seul en avant;peu d’hommes sont lâches devant témoins ; mais les braves (pii dans l’obscurité et l’isolementobéissent au mouvement de leur cœur sont plus rares, et c’est là le mérite de l’action ded’Assas

(2) Pour récompenser ce trait de valeur militaire, Louis XVI accorda aux aînés de cettefamille une pension de mille livres ; et Napoléon , qui connaissait mieux la rémunération qu'ondoitaccorder à l'armée, lit éleverune colonneàl’endroit même où tomba le chevalier d’Assas.