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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.

s’emparer delà Dominique, de Saint-Vincent, de Tabago. Nous verrons l'ami*ral Destaing, non moins bon général de terre qu’amiral distingué, attaquerSavanah, se diriger sur Saint-Domingue, enlever aux Anglais leurs établis-sements sur la côte d’Afrique , et forcer sur tous les points la défense descôtes de l’Amérique septentrionale, pour porter des secours aux Améri-cains .

Le vieux et respectable Williams, en apprenant ces désastres, se fit trans-porter mourant au sein du parlement, et il s’écria : Malheur à l'Angleterre !Sa gloire s'évanouit ; son flambeau na pas plus de force que celui de ma faibleexistence !

Mais, avant de faire connaître par quel concours de circonstances l’Angle-terre échappa à sa ruine pendant cette guerre, expliquons-en les causes etrésu-mons-en les événements principaux. « Le général de Lafayette a dit dans sesmémoires : Après s’être agrandie par ses conquêtes, avoir maîtrisé toutes lesmers, insulté toutes les nations, l’Angleterre avait tourné son orgueil contreses propres colonies. Depuis longtemps l’Amérique du nord lui faisait om-brage ; elle voulut joindre aux premières entraves des vexations nouvelles etenvahir les privilèges les plus sacrés. Les Américains , attachés à la mère pa-trie, se bornèrent d’abord à des plaintes; ils n’accusèrent que les ministres,et toute la nation s’éleva contre eux ; ils furent taxés d’insolents, et ensuite derébellion, et déclarés enfin ennemis, de manière que l’entêtement du roi, lapassion des ministres et l’arrogance du peuple anglais forcèrent treize de leurscolonies à se rendre indépendantes. Jamais si belle cause n’avait attiré l’at-tention des hommes: c’était le dernier combat de la liberté, et sa défaite nelui laissait ni asile ni espérance; oppresseurs et opprimés, tous allaient re-cevoir une leçon. Ce grand ouvrage devait s’élever, ou les droits de l’huma-nité se perdaient sous ces ruines. En même temps, les destins de la France et ceux de sa rivale allaient se décider. L’Angleterre, se voyait enlever avecces nouveaux États un grand commerce tout à son avantage, un quart deses sujets, augmentant sans cesse par une rapide multiplication et l’émigra-tion de toutes les parties de l’Europe ; enfin, plus que la moitié et la plusbelle portion du territoire britannique. Mais se réunissait-elle à ces treize co-lonies, c’en était fait de nos Antilles, de nos possessions d’Afrique etd’Asie , et par conséquent de notre marine, et enfin de notre existence poli-tique. »

La conduite de l’Angleterre, au début de la guerre, fut loin de calmer lesesprits. Elle fit bombarder toutes les villes maritimes du continent américain ,depuis Halifax jusqu’à Savanah en Géorgie .

Le désespoir s’empara des colons ; ils appelèrent la France à leur aide ; lessecours donnés par la cour de Versailles furent d’abord secrets, mais ils eu-rent une grande influence sur les destins de l’Amérique . Il fallut, pour com-battre ces sujets rebelles, des forces qui n’étaient plus en proportion avec lespopulations anglaises. Ce fut l’époque de cette vente et de ces achats de sol-dats, nouveau commerce dans lequel l’Angleterre a fait depuis, à la honte de