ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 227
pauvre ét économe, c’était beaucoup dans l’état de détresse où se trouvaientses finances ; mais rien ne flatta autant le congrès que l’annonce de l’arme-ment qui devait agir sur ses côtes dans le mois de juillet. Dans une confé-rence entre les officiers généraux français et américains , l’on convint deréunir les troupes françaises à celles des États-Unis sur les bords de la baied’Hudson, et d’attaquer vigoureusement New-York . L’armée qui occupaitcette place et les environs n’était que de quatre mille cinquante hommes ;mais le général Clinton pouvait être secouru par six mille hommes de troupesanglaises. On présumait qu’il ne négligerait pas de le faire, mais il affaiblis-sait alors ses forces dans les États du Midi, et se privait d’y faire aucune en-treprise importante. L’espoir tira momentanément les États du Nord de l’es-pèce d’engourdissement où ils étaient tombés; cependant, lorsqu’au mois dej uin l’armée de Washington sortit de ses quartiers, il y manquait six millecinq cents hommes : ces forces étaient si inférieures à celles que l’on avaitprésumées, que l’on douta s’il convenait de suivre le plan que l’on avaittracé. Un renfort de quinze cents hommes, arrivé au comte de Rochambeau,acheva de déterminer l’entreprise. Au moment où les troupes françaisess’approchaient de la rivière du Nord, on reçut avis qu’un gros de troupesanglaises sorties de New-York avait fait une irruption dans New-Jersey .On jugea l’occasion favorable pour s’emparer de l’extrémité septentrionale del’île d’York , que l’on résolut d’enlever par un coup de main dans la nuitdu 2 juillet. Washington supposa que le comte de Rochambeau pourrait join-dre l’armée américaine au Kingsbridge, et lui envoya un aide de camp. Onl’invitait à s’avancer jusqu’à Bedfort au jour convenu. On se proposait, enmême temps que l’on attaquerait l’île d'York , de câmper quelques troupesen dehors de Kingsbridge à Morinsonnia. Cette partie du plan devait êtreexécutée par la légion de Lauzun. Pour surprendre l’ennemi et donnerun motif plausible au mouvement des troupes, Washington annonça qu’ilallait marcher au-devant de l’armée française pour se réunir à elle dansun lieu plus commode. Le détachement qui devait forcer les ouvrages avan-cés gagna la pointe de Teller dans la nuit du 1 er juillet. Le général Lincoln,commandant cette colonne, alla reconnaître le poste qu’il était chargé d’enle-ver. Son coup d’œil sûr lui fit apercevoir que les Anglais détachés à Jerseyen étaient revenus, ce qui rendait leurs forces supérieures à celles que l’onavait destinées à agir. Un vaisseau de guerre avait pris d’ailleurs une posi-tion où il était impossible qu’il n’aperçût pas les Américains au moment deleur débarquement. Ces obstacles imprévus firent renoncer Lincoln à sonentreprise.
Le duc de Lauzun ne réussit pas davantage dans l’attaque dont il étaitchargé. k Washington , regardant désormais toute surprise impossible, sedétermina à enlever de vive force des positions qu’il n’avait pu obtenir par laruse ; il résolut donc de risquer une action ; mais aussitôt que les Anglais ,déjà aux prises avec l’ennemi, virent l’armée américaine s’avancer, ils se re-tirèrent sur l’île. Washington, n’ayant pas encore été joint par les Français ,