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Tome second.
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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS. 273

grands résultats. Enfin, le général Dubouquet était chargé de la garde dudébouché du Chêne-Populeux.

Ayant ainsi établi sa défense et donné des ordres pour la concentration destroupes sur ce point, dont Châlons était le dépôt général, Dumouriez écrivitau pouvoir exécutif: J'ai occupé l'Argonne : Grand pré et les Islettes sont nosThermopyles ; mais je serai plus heureux que Léonidas.

Il mandait en même temps qu’on détachât quelques régiments de l’arméedu Rhin, qu’on les joignît à l’armée du centre, commandée par Kellermann,et qu’on prescrivît à ce général de côtoyer les Prussiens par leur gauche,c’est-à-dire par Ligny et Bar-le-Duc , pendant que lui, de son côté, surveil-lerait leur marche. — Dumouriez , par sa position, devenait ainsi maître detous les mouvements de nos armées et leur servait de point de jonction.

Au 10 septembre, les Prussiens commencèrent leurs opérations, et, aprèsavoir reconnu les postes français , escarmouchèrent sur le front des retranche-ments ; ils furent repoussés. — Malheureusement, au milieu de ses occupa-tions incessantes, Dumouriez commit la faute de ne pas reconnaître par lui-même tous les postes, notamment celui de la Croix-aux-Bois, qui, ainsi quenous l’avons dit, avait été jugé d’une importance secondaire. Le duc deBrunswick en fut informé; il le fit attaquer par un corps d’Autrichiens etd’émigrés sous les ordres du prince de Ligne, qui s’en empara, presque sansrésistance, le 15 au matin. — Le général Chazot, homme de résolution etd’audace, eut ordre de reprendre cette position. Il y parvint après un sanglantcombat où fut tué le prince de Ligne; mais à son tour il fut chassé de ceposte et forcé de se replier sur Youziers. Le général Dubouquet, en appre-nant cet événement, abandonna le passage du Chêne-Populeux , et se retirasur Châlons .

Ainsi le fruit de cette heureuse combinaison était perdu ; le seul obstaclequ’on pût opposer à l’invasion, la forêt de l’Argonne , était franchi, et laroute de Paris ouverte.

L’armée française était dans une position désespérée. Par la séparation descorps de Chazot et de Dubouquet, elle était réduite à 16,000 hommes. Du-mouriez avait devant lui 40,000 Prussiens, commandés parle prince de Bruns-wick, et derrière 25,000 coalisés, sous les ordres de Clairfayt. Ce derniergénéral pouvait même, en rabattant par sa gauche sur Olizi, Thermes et Beau-regard, couper le passage de l’Aire et de l’Aisne à Sénucques. Dumouriez seserait trouvé alors entre les rivières et les forêts de l’Argonne , sans vivres,presque sans munitions et investi de tous côtés.

Dans cette situation désespérée le général ne perdit pas un instant sonsang-froid, et par une conception non moins belle que celle de l’occupationdes défilés de l’Argonne, il se porta à Sainte-Menehould pour y attendre lajonction des deux généraux Chazot et Dubouquet, détachés du corps de ba-taille, celle de Beurnonville, mandé de Flandre pour être le 13 à Rhétel,celle aussi de Kellermann, qui depuis plus de dix jours était en marche. Du-mouriez , par ce plan nouveau et hardi, évitaiLune retraite vers l’intérieur, sih. 35