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HISTOIRE DE L’ARMÉE
rope, la Convention nationale fit rouler sur l’échafaud la tête du malheureuxLouis XVI. Cette grande exécution produisit en France une terreur profonde,en Europe , un étonnement mêlé d’indignalion. — La lutte était engagée.—La république française en jetant aux royautés ce sanglant défi s’apprêtait àsoutenir un combat à outrance, sans trêve ni merci. Il fallait combattre etvaincre les forces puissantes de la coalition ou succomber sous ses coups. Iln’y avait pas d’autre alternative. La Convention, avec cette effrayante énergiequi la caractérise, entra en lice sans hésiter, et mesura, avec une perspicacitéprofonde et un admirable sang-froid, la portée de cette lutte, les forces de sesadversaires et ses propres moyens d’action. Jusqu’ici trois puissances seule-ment avaient été engagées dans cette guerre, la Prusse, l'Autriche et le Pié-mont. L’Europe tout entière se levait en armes pour combattre la France .L’Angleterre, l’Espagne, la Hollande, la Saxe, le Hanovre et jusqu’aux royautésde Naples et de Portugal poussèrent un cri de réprobation et de guerre contrela république, et 400,000 baïonnettes brillèrent à la fois sur la Meuse , sur leRhin, en haut des Alpes et au sommet des Pyrénées (1).
En même temps que toutes ces forces s’amassaient sur nos frontières, lesdépartements du Midi et de l’Ouest se soulevaient et prêtaient la main à lacoalition.
Pour faire face à tant d’ennemis à la fois, la Convention redoubla d’énergieet d’audace. On ne peut s’empêcher d’admirer la promptitude, la sagesse deses dispositions et le sang-froid qui présidèrent à toutes ses mesures, même lesplus violentes. Aux rois de l’Europe , elle a jeté une tête de roi pour défi,aux peuples, elle adresse une proclamation, traduite dans toutes les lan-gues, où elle annonce l’ère de la liberté, c’est-à-dire guerre à outranceaux gouvernements et aide et protection aux mécontents qui voudronts’insurger. Un décret prescrit la levée de 500,000 hommes afin de porterà 500,000 l’effectif de l’armée (2). Le ministère de la guerre est confié à un seul
(1) Composition des armées coalisées.
1° Autrichiens : l’armée en Belgique . 50,000
— le cordon sur le Rhin de Coblentz à Bâle . 40,000
— entre la Meuse et Luxembourg .. 33,000
2» Prussiens en Belgique . 12,000
3° Prussiens, Saxons, Hessois, sur le Rhin . 65,000
5° Hanovriens, Anglais et Hessois. 30,000
6° Austro-Sardes en Italie . 45,000
8° Troupes de l'Empire, de Condé, etc. 20,000
Total. 375,000
(2) Décret du 24 lévrier 1793, portant que tous les hommes mariés, de 18 à 45 ans, seront àla disposition du gouvernement, — que le recrutement ne s’arrêterait que lorsque ce nombreserait atteint. — Mais cette levée n’arriva qu’à 144,000 hommes par suite des insurrections des