HISTOIRE DE L’ARMEE
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Coüe courte et rapide campagne est une des belles pages de la vie de Cham-pionnet; il y avait fait preuve de talents de premier ordre. Forcé de se retirerdevant une armée supérieure en nombre, il l’avait fait en tacticien habile, me-surant sa marche, sans se laisser imposer un moment par les forces considé-rables de l’ennemi, et se concentrant dans une position heureuse; puis, l’ennemivaincu, il n’avait pas hésité à prendre l’offensive et à le pousser l’épée dansles reins. Ce résultat était immense; il ne suffisait pas à Championnet : il ré-solut avec sa faible armée d'entreprendre la conquête de Naples . Il avait conçuune si triste idée des soldats napolitains et de leur général en chef, qu’il nedouta pas qu’avec des soldats hraves et aguerris comme les siens, il ne vînt àbout de son œuvre de conquête. En conséquence, il partit de Rome vers lemilieu du mois de décembre 1798, et se porta vers Capoue en trois colonnes.
Pendant ce temps, la consternation était au comble dans la ville de Naples ;le départ précipité du roi, la nouvelle des désastres essuyés par l’armée napo-litaine et enfin l’approche des Français y avaient produit une indicible confu-sion. La cour, dans sa détresse et pour obéir à d'odieuses idées de vengeancecontre la haute bourgeoisie, qu’on soupçonnait d’être favorable aux Français ,fit armer les lazzaroni, hideuse populace pleine de superstition et de vices,et leur livra la ville, qui fut mise au pillage. Comme au temps de Masaniello,ils choisirent un chef parmi eux, nommé Pazzio [le Fou), et résolurent dedéfendre eux-mêmes la vieille cité de Naples , que les armées du roi n’osaientplus défendre. Pendant ce temps, le roi et ses ministres s’embarquaient, avecles meubles de la couronne et les trésors de l’État, sur les vaisseaux anglais .
Championnet, cependant, s’avançait à grands pas vers la ville. Le 11 janvier1799, il franchit le Volturne ; le 23, il était sous les murs de l'antique Parthé-nope. Il ordonna l’assaut. Les lazzaroni, rassemblés dans les places, se dé-fendirent vigoureusement. On se battit dans les rues de Naples , depuis laChiaja jusqu’à Porlie. C’est en assiégeant les maisons une à une que les Fran-çais arrivèrent enfin à se rendre maîtres de la ville. Le général Mack, menacépar la populace, fut forcé de venir chercher un refuge dans le camp de Cham-pionnet, qui l’accueillit fraternellement et le reçut à sa table.
La république parthénopéenne fut établie. Cette brillante campagne couvritde gloire le général Championnet et sa brave armée, qui prit dès lors le nomd’armée de Naples , et fut indépendante de l'armée d’Italie.
Armée d'Orient (1799). — Revenons maintenant à l’armée d’Orient : Bona-parte, maître de l'Égypte , avait songé sérieusement à assurer à la France lapossession « de cette belle partie du monde, dont la civilisation, écrivait-il auDirectoire , aura tant d'influence sur la grandeur nationale et sur les destinéesfutures des plus anciennes parties de l’univers. »
Après s’èlrc occupé avec soin de l'organisation intérieure du pays, il songeaià compléter sa conquête par l'occupation de la llaute-Égypte, où Mourad-Beys’était retiré avec les débris de son armée, et à détruire les derniers soldatsd’Ibrahim-Bey, qui s’était retiré en Syrie auprès de Djezzar, pacha de Saint-Jean-d’Acre. L’occupation de la Basse-Égypte n’avait coûté que quelques escar-