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ET DE TOUS LES RÉGIMENTS.
Français que dans une victoire, parcourutles rangs l’épée à la main, en criantd’une voix forte : Camarades, la république vous ordonne de combattre, vaincreou mourir; et nos soldats répétèrent ce cri avec enthousiasme. Les chants deguerre commencèrent aussitôt au milieu de la fusillade qu’on entendait à lagauche de l’armée. C’est sur ce point que la première attaque avait eu lieu;car, par une combinaison assez singulière et qui exposait ses colonnes à êtreaccablées l’une après l’autre, Somvarow avait ordonné que ses attaques eussentlieu successivement. En effet, le général Kray se porta sur l’extrême gauche,sur les divisions Lemoine et Grouchy . Ces deux divisions, massées dans leslignes en ordre de marche, furent surprises et faillirent être rompues. Cepen-dant elles se remirent bientôt et repoussèrent les efforts de l’ennemi, qui, chan-geant le but de son attaque, se porta sur la 20° légère isolée à la gauche, etqui, accablée par le nombre, perdit bientôt du terrain. Le général ennemi pritpied sur le plateau. Dès que Joubert s’en fut aperçu, il accourut en toute hâte,suivi de son état-major, rallia deux bataillons, se plaça au milieu de ses guidesà cheval et commanda une charge à la baïonnette. Au moment où il se retour-nait pour donner un ordre, une balle le frappa au cœur. Il tomba de chevalen criant : En avant! mes amis, en avant! et il expira. Il était alors six heuresdu matin. Moreau, qui accompagnait Joubert, prit aussitôt le commandement,et se précipita sur le général Kray, qui fut repoussé après plusieurs chargesmeurtrières. Moreau, comme Joubert, s’était jeté au fort du danger; il eut uncheval tué sous lui, une balle effleura son flanc gauche, et, malgré les instancesde ses soldats, il resta à ce poste périlleux jusqu’à ce que les ennemis eussentété chassés du plateau. Le bruit de la mort du général en chef se répandit danstoute l’armée, et y produisit un sentiment de stupeur et d’effroi auquel suc-céda bientôt le désir de la vengeance. Somvarow avait ordonné une attaquede front sur Novi, elle fut repoussée; une nouvelle attaque combinée des gé-néraux Mêlas et Delferden' eut lieu sur les hauteurs de Novi; ces deux géné-raux vinrent se heurter vainement contre les baïonnettes françaises, et ils fu-rent également repoussés. Le général Watrin, descendant à son tour dans laplaine, attaqua le flanc gauche de la colonne russe, la rejeta en arrière, et dé-gagea ainsi la position de Novi. Kray, cependant, redoublait ses effortssur notregauche, et Mêlas sur notre droite. Nos soldats résistent partout avec un ad-mirable sang-froid. Il était une heure, le combat était général et le carnageaffreux; mais notre ligne n’était entamée nulle part, et nos pertes étaient peuconsidérables comparées à celles des Russes dont les cadavres jonchaient laplaine. Les troupes étaient tellement fatiguées de part et d’autre, que le feu seralentit un moment. Il recommença bientôt avec violence. Somvarow, voyanttous ses efforts impuissants contre la position de Novi, résolut de s’y porter àson tour; il fit avancer toutes les divisions du centre, se mit à leur tête, et mar-cha sur le plateau. L’attaque fut vive et terrible. Les Russes , animés par laprésence de leur chef, se jetèrent tête baissée sur les lignes françaises. Ils furentreçus par une décharge à mitraille qui tua ou blessa plus de 1,000 hommes;ils reculèrent en désordre. Somvarow, accourant à la tête de son état-major,