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Tome sixieme.
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LES LOIS DE MlN.OS.

D I C T I M E.

J’oserais proposer, dans ces extrémités ,

De vous faire un appui des mêmes révoltés,

Des mêmes habitans de l’âpre Cydonie ,

Dont nous pourrions guider l’impétueux génie.

Fiers ennemis d’un joug qu’ils ne peuvent subir,Mais amis généreux , ils pourraient nous servir.

II en est un surtout, dont l’ame noble & fièreConnaît Thumanité dans son audace altière :

II a pris sur les siens , égaux par la valeur,

Ce secret ascendant que se donne un grand cœur :Et peu de nos Crétois ont connu l'avantageD’atteindre à fa vertu, quoique dure 8c sauvage.

Si de pareils soldats pouvaient marcher fous vous ,On verrait tous ces grands si puisians, si jalouxDe votre autorité qu’ils osent méconnaître ,

Porter le joug paisible , 8c chérir un bon maître.Nous voulions asservir des peuples généreux ;

Fesons mieux , gagnons-les ; c’est-là régner fur eux.

T E u C E R.

t

Je le fais. Ce projet peut fans doute être utile ;

Mais il ouvre la porte à la guerre civile.

A ce remède affreux faut-il m’abandonner ?

Faut-il perdre l’Etat pour le mieux gouverner ?

Je veux sauver les jours d’une jeune barbare.

Du sang des citoyens serai-je moins avare ?

II le faut avouer : je fuis bien malheureux !

N’ai-je donc des sujets que pour m’armer contr’eux?Pilote environné d’un éternel orage,

Ne pourrai-je obtenir qu’un illustre naufrage ?

Ah