Notes.
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fragment qui nous est resté de la tragédie des Crétois , dit que dans leur îleles prêtres mangeaient de la chair crue aux fêtes nocturnes de Bacchus. Onfait d’ailleurs que dans pluíieurs de ces antiques orgies Bacchus était sur-nommé mangeur de chair crue .
Mais ce n’était pas feulement dans Fufage de cette nourriture que consis-tait alors la barbarie grecque. II ne faut qu’ouvrir les poèmes d'Homèrepour voir combien les mœurs étaient féroces.
C’est d’abord un grand roi qui refuse avec outrage de rendre à un prêtrefa fille dont ce prêtre apportait la rançon ; c'est Achille qui traite ce roi delâche 8c de chien. Diomède blesse Vénus 8c Mars qui revenaient d’Ethiopicoù ils avaient soupé avec tous les dieux. Jupiter qui a déjà pendu fa femmeune fois, la menace de la pendre encore. Agamemnon dit aux Grecs assem-blés que Jupiter machine contre lui la plus noire des perfidies . SÌ les dieuxfont perfides, que doivent être les hommes !
Et que dirons-nous de la générosité à?Achille envers HeBor ? Achille invul-nérable , à qui les dieux ont fait une armure défensive très-inutile ; Achillesecondé par Minerve , dont Platon fit depuis le Logos divin , le verbe ;Achille qui ne tue HeBor que parce que la Sagesse, fille dt Jupiter, le Logos,a trompé ce héros par le plus infâme mensonge , &. par le plus abominableprestige. Achille enfin ayant tué si aisément pour tout exploit le pieux HeBor ,ce prince mourant prie son vainqueur de rendre son corps sanglant à sesparens : Achille lui répond , je voudrais te hacher par morceaux , ò* te mangertout cru. Cela pourrait justifier les prêtres crétois ,, s'ils n’étaient pas faitspour servir d’exemple.
Achille ne s’en tient pas là ; il perce les talons d 'HeBor , y passe unelanière , 8c le traîne ainsi par les pieds dans la campagne. Homère ne dor-mait pas quand il chantait ces exploits de cannibales ; il avait la fièvrechaude , 8c les Grecs étaient atteints de la rage.
Voilà pourtant ce qu’on est convenu d’admirer de FEuphrate au montAtlas, parce que ces horreurs absurdes furent célébrées dans une langueharmonieuse , qui devint la langue universelle.
( 5 ) Ces dur.s Cydoniens .
La petite province de Cydon est au nord de File de Crète. Elle défenditlong-temps fa liberté , 8c fut enfin assujettie par les Crétois , qui le furentensuite à leur tour par les Romains, par les empereurs grecs , par les Sar-razins , par les croisés , par les Vénitiens, par les Turcs. Mais par qui lesTurcs le feront-ils ?