Band 
Tome sixieme.
Seite
107
JPEG-Download
 

HISTORIQUE ET CRITIQUE. 107

Ces anathèmes étaient alors auffi communs que lesintrigues £'amour chez les excommuniés, 8c chez lesexcommunians ; 8c ces amours se mêlaient aux guerresles plus cruelles. Les armes des papes étaient plusdangereuses qu’aujourd’hui. Les princes les plusadroits disposaient de ces armes. Tantôt des souve-rains en étaient frappés, 8c tantôt ils en frappaient.Les seigneurs féodaux les achetaient à grand prix.

La détestable éducation qu’on donnait alors auxhommes de tout rang 8c fans rang, 8c qu'on leur donnasi long-temps , en fit des brutes féroces, que le fana-tisme déchaînait contre tous les gouvernemens. Lesprinces se sciaient un devoir sacré de l’usurpation.Un rescrit donné dans une ville d’Italie en une langueignorée de la multitude conférait un royaume enEspagne 8c enNorwège; 8c les ravisseurs des Etats, lesdéprédateurs les plus inhumains, plongés dans tousles crimes, étaient réputés saints, 8c souvent invoqués,quand ils s’étaient fait revêtir en mourant d’une robede frère prêcheur, ou de frère mineur.

M. Thomas , dans son discours à l’académie, a ditque les temps d,'ignorance furent toujours les temps des féro-cités. J’aime à répéter des paroles si vraies , dont ilvaut mieux être l’écho que le plagiaire.

Tranfamare revint en Espagne une bulle dans unemain , 8c l’épée dans l’autre. 11 y ranima son parti.Le grand Prince noir était malade à la mort dansBordeaux ; il ne pouvait plus secourir Dom Pédre.

Guefclin fut envoyé une seconde fois en Espagnepar le roi Charles V, qui profitait du triste état où lePrince noir était réduit. Guefclin prit Dom Pédre pri-sonnier dans la bataille de Montiel entre Tolède 8c