HISTORIQ.UE ET CRITIQUE. 10g
Ceux qui mentent ainsi au genre humain sontencore animés souvent par la sottise de la rivaliténationale. II n’y a guère d’historien anglais quiait manqué l’occasion de faire la satire des Français,& quelquefois avec un peu de grossièreté. Vèli & Villaretdénigrent les Anglais autant qu’ils le peuvent. Mezerayn’épargna jamais les Espagnols, un Tite-Live nepouvait connaître cette partialité ; il vivait dans untemps où fa nation existait feule dans le mondeconnu, Romanos rerwn dominos , toutes les autresétaient à ses pieds. Mais aujourd'hui que notreEurope est partagée entre tant de dominations quise balancent toutes ; aujourd’hui que tant de peuplesont leurs grands hommes en tout genre, quiconqueveut trop flatter son pays court risque de déplaireaux autres, si par hasard il en est lu , 8c doit peus’attendre à la reconnaissance du sien. On n’ajamais tant aimé la vérité que dans ce temps-ci :il ne reste plus qu’à la trouver.
Dans les querelles qui se sont élevées si souvententre toutes les cours de l’Europe, il est bien difficilede découvrir de quel côté est le droit ; 8c quand onl'a reconnu, il est dangereux de le dire. La critiquequi aurait dû , depuis près d’un siècle, détruire lespréjugés fous lesquels l'histoire est défigurée, a serviplus d’une fois à substituer de nouvelles erreursaux anciennes. On a tant fait que tout est devenuproblématique, depuis la loi salique jusqu’au systèmede Lafs; 8c à force de creuser, nous ne savons plusoù nous en sommes.
Nous ne connaissons pas seulement sépoque dela création des sept électeurs en Allemagne , du