Band 
Tome sixieme.
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127
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Acte premier.

127

SCENE IV.

DOM PEDRE, LEONORE, ELVIRE.

L E O N O R E.

Sire, ou plutôt cher époux,Souffrez que Léonore embrasse vos genoux.

( il la retient. )

Ma mère est votre sang, 8c sa main m’a donnéeAu maître généreux qui fait ma destinée.

Vous avez exigé qu’aux yeux de votre courCe grand événement se cache encore un jour ;

Mais vous m’avez promis de m’accorder la grâceQu'implorerait de vous mon excusable audace.

Puis-je la demander ?

Dom Pedre.

N’ayez point la rigueurDe douter d’un empire établi fur mon cœur.

Votre couronnement d’un seul jour se diffère ;

II me faut ménager un Sénat téméraire ,

Un peuple effarouché : mais ne redoutez rien.

Parlez, qu’exigez-vous ?

Leonore.

Votre bonheur, le mien,Celui de la Castille, une paix nécessaire :

Seigneur, vous le savez, la princesse ma mèreM’a remise en vos mains dans un espoir si beau.

Les ans 8c les chagrins l’approchent du tombeau.

Je joins ici ma voix à fa voix expirante;

Comme elle en ces momens la patrie est mourante