Acte premier.
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SCENE IV.
DOM PEDRE, LEONORE, ELVIRE.
L E O N O R E.
Sire, ou plutôt cher époux,Souffrez que Léonore embrasse vos genoux.
( il la retient. )
Ma mère est votre sang, 8c sa main m’a donnéeAu maître généreux qui fait ma destinée.
Vous avez exigé qu’aux yeux de votre courCe grand événement se cache encore un jour ;
Mais vous m’avez promis de m’accorder la grâceQu'implorerait de vous mon excusable audace.
Puis-je la demander ?
Dom Pedre.
N’ayez point la rigueurDe douter d’un empire établi fur mon cœur.
Votre couronnement d’un seul jour se diffère ;
II me faut ménager un Sénat téméraire ,
Un peuple effarouché : mais ne redoutez rien.
Parlez, qu’exigez-vous ?
Leonore.
Votre bonheur, le mien,Celui de la Castille, une paix nécessaire :
Seigneur, vous le savez, la princesse ma mèreM’a remise en vos mains dans un espoir si beau.
Les ans 8c les chagrins l’approchent du tombeau.
Je joins ici ma voix à fa voix expirante;
Comme elle en ces momens la patrie est mourante