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Tome sixieme.
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Acte premier.

12g

Alfonse votre père à sa main m’a promise ,

II lui donna Valence, 8c vous l'avez conquise.

Je lui portais pour dot d’aflez vastes Etats :

II les espère encore, 8c n’en jouira pas.

Sire, je ne veux point que la France jalouse,

Votre Sénat, les grands , accusent votre épouseD’avoir immolé tout à son ambition,

Et de n’être en vos bras que par la trahison.

De ces soupçons affreux la triste ignominieEmpoisonnerait trop ma malheureuse vie.

Dom P e d r e.

Ecoutez, je vous aime : 8c ce sacré lien ,

En vous donnant à moi, joint-votre honneur au mien.Sachez qu'11 n’est ici de perfide Sc de traîtreQue ce prince rebelle , 8c qui s’obstine à l’être.

Trompé par une femme, 8c par l’âge affaibli,

Mettant près du tombeau tous mes droits en oubli,Alfonse mauvais roi, non moins que mauvais père,(Car je parle fans feinte, 8c ma bouche est sincère.)Alfonse , en égalant son bâtard à son fils,

Nous fit imprudemment pour jamais ennemis.

D’une province entière on lésait son partage ;

La moitié de mon trôné était son héritage.

Que dis-je ! on vous donnait !... plus juste possesseur ,J’ai repris tous mes biens des mains du ravisseur.

Le traître avec Guesclin vaincu dans Navarette ,

Far une fausse paix réparant fa défaite ,

Attire à son parti nos peuples aveuglés,

II impose au Sénat, aux Etats assemblés;

Faible dans les combats , puissant dans les intrigues,Artisan ténébreux de fraudes 8c de brigues,

Théâtre. Tom, VI,

I