Acte second. i 33
ACTE II.
SCENE PREMIERE.
LEONORE, ELVIRE.
L e’o n o r e.
J E n’avais pas connu jusqu’à ce triste jourLe danger d'être simple, Sc d'ignorer la cour.
Je vois trop qu’en effet il est des conjoncturesOà les coeurs les plus droits, les vertus les plus pures,
Ne servent qu’à produire un indigne soupçon.
Dans ces temps malheureux tout se tourne en poison.Au fond de mes déserts pourquoi m’a-t-on cherchée?Au séjour de la paix pourquoi suis-je arrachée?
Ah! si l’on connaissait le néant des grandeurs,
Leurs tristes vanités, leurs fantômes trompeurs ,
Qu’on en détesterait le brillant esclavage !
Elvire.
Ne pensez qu’à Dòm Pèdre , au nœud qui vous engage ;Songez que dans ces temps de trouble 8c de terreurDe lui seul après tout dépend votre bonheur.Leonore.
Le bonheur ! ah, quel mot ta bouche me prononce!Le bonheur ! à nos yeux l'illusion l’annonce,
L'illusion l’emporte 8c s’enfuit loin de nous.
Mon malheur, chère Elvire, est d’aimer mon époux;II m entraîne en tombant, il me rend la victimeD un peuple qui le hait, d’un Sénat qui l’opprime,
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