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Tome sixieme.
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Acte s e tí o n d.

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L E O N O R E.

Et vous me reprochez dans ce désordre affreuxDe vouloir épargner un crime à tous les deux !

Vous me connaissez mal : apprenez l’un Sc l'autreQuels font mes sentimens, 8c mon fort, 8c le vôtre.Transtamare, sachez que vous n’aurez enfin ,

Quand vous seriez mon roi, ni mon cœur, ni ma main.Sire, tombe sur moi la justice éternelleSi jusqu’à mon trépas je ne vous fuis fidelle.

Mais la guerre civile est horrible à mes yeux ;

Et je ne puis me voir entre deux furieux ,

Misérable sujet de discorde 8c de haine,

Toujours dans la terreur, 8c toujours incertaine,

Si le seul de vous deux qui doit régner fur moiNe me fait pas l'affront de douter de ma foi.

Vous m’arrachiez, Seigneur, au solitaire asileOù mon cœur loin de vous était du moins tranquille,je me vois exilée en ce cruel séjour ,

Dans cet antre sanglant que vous nommez la cour.

Je la fuis ; je retourne à la tombe sacréeOù j’étais morte au monde, 8c du monde ignorée.Qu 1 une autre fe complaise à nourrir dans les cœursLes tourmens de F amour 8c toutes ses fureurs,

A mêler fans effroi ses langueurs tyranniquesAux tumultes sanglans des discordes publiques ;Qu'elle se fasse un jeu du malheur des humains ,

Et des feux de la guerre attisés par fes mains ;Qu’elle y mette à son gré sa gloire 8c son mérite :Cette gloire exécrable est tout ce que j’évite.

Mon cœur qui la déteste est encore étonnéD’avoir fui cette paix pour qui seule il est né;