146 Dom Pedre.
M O N C A D E.
Cette entreprise est juste, austì-bien que hardie;
Et je vais l’accomplir au péril de ma vie.
Mais craignez de vous perdre.
Dom Pedre.
A ce point confondu ,
Si je ne risque tout, crois-moi, tout est perdu.
M E N d o s E.
Arrêtez un moment. . . daignez songer encoreQue vous bravez des lois qu’à Tolède on adore.
Dom Pedre.
Moi ! je respecterais ces gothiques ramasDe privilèges vains que je ne connais pasEternels alimens de troubles, de scandales,
Que l’on ose appeler nos lois fondamentales;
Ces tyrans féodaux, ces barons sourcilleux,
Sous leurs rustiques toits indigens orgueilleux;Tous ces nobles nouveaux, ce Sénat anarchique,Erigeant la licence en liberté publique;
Ces Etats désunis dans leurs vastes projets,
Sous les débris du trône écrasant les sujets !
Ils aiment Transtamare, ils flattent son audace ;
Ils voudraient T opprimer, s’il régnait en ma place.Je les punirai tous. Les armes d’un SénatN’ont pas beaucoup de force en un jour de combat.M E N D O S E.
Souvent le fanatisme inspire un grand courage.Dom Pedre.
Ah! l’honneur 8c l'amour en donnent davantage.
Fin du second acte.