Band 
Tome sixieme.
Seite
189
JPEG-Download
 

Acte premier. 189

De quelque ombre de paix avez-vous l’espérance?

E R o P E.

Je n’ai que mes terreurs. En vain par fa prudencePolémon qui fe jette entre ces inhumainsPrétendait arracher les armes de leurs mains :

Ils font tous deux plus fiers 8c plus impitoyables :

Je cherche ainsi que vous des dieux moins implacables ;Souffrez, en m’accusant de toutes vos douleurs,

Qu’à vos gémilTemens j'ose mêler mes pleurs.

Que n'en puis-je être digne !

Hippodamie.

Ah ! trop chère ennemie,

Est-ce à vous de vous joindre aux pleurs d’Hippodamie ?A vous qui les causez ! plût au ciel qu'en vos yeux,

Ces pleurs eussent éteint le feu pernicieux ,

Dont le poison trop sûr 8c les funestes charmesOnt fait couler long-temps tant de sang 8c de larmes !Peut-être que fans vous cessant de se haïrDeux frères malheureux que le sang doit unirN’auraient point rejeté les efforts d’une mère.

Vous m’arrachez deux fils pour avoir trop su plaire.

Mais voulez-vous me croire 8c vous joindre à ma voix;

Ou vous ai-je parlé pour la dernière fois P

E R o p E.

Je voudrais que le jour où votre fils ThiesteOutragea fous vos yeux la justice céleste,

Le jour qu’il vous ravit l'objet de ses amoursEût été le dernier de mes malheureux jours.

De tous mes sentimens je vous rendrai l'arbitre.

Je vous chéris en mère ; 8c c’est à ce saint titre