Acte second. 201
Ne me reproche plus ma criminelle audace ;
Ne nous accusons plus quand le ciel nous fait grâce, [e)Ses bontés ont fait voir, en m’accordant un sils,
Qu’il approuve l’hymen dont nous sommes unis ;
Et Micène bientôt, à son prince fìdelle,
En pourra célébrer la fête solemnelle.
E R o p E.
Va, ne réclame point ces nœuds infortunés,
Et ces dieux, & l’hymen.... Ils nous ont condamnés.Osons-nous nous parler?... tremblante, confondue,Devant qui déformais puis-je lever la vue ?
Dans ce ciel qui voit tout, 8c qui lit dans les cœurs,Le rapt 8c l’adultère ont-ils des protecteurs ?
En remportant fur moi ta funeste victoire,
Cruel, t’es-tu flatté de conserver ma gloire?
Tu m’as fait ta complice... 8c la fatalité,
Oui subjugue mon cœur contre moi révolté,
Me tient si puissamment à ton crime enchaînéeOu'il est devenu cher à mon ame étonnée;
Que le sang de ton sang, qui s'est formé dans moi,Ce gage de ton crime est celui de ma foi ;
Qu’il rend indissoluble un nœud que je déteste...
Et qu’il n’est plus pour moi d’autre époux que Thieste.
T h i e s T E.
C’est un nom qu’u n tyran ne peut plus m’enlever :
La mort 8c les enfers pourront seuls m’en priver.
Le sceptre de Micène a pour moi moins de charmes.
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