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Irene.
Irene.
De ses chagrins secrets, qu’il veut dissimuler,
Je connais trop la cause ; elle va m’accabler.
Je sais par quels soupçons fa dureté jalouse ,
Dans son inquiétude outrage son épouse.
II écoute en secret ces obscurs imposteurs ,
D’un esprit défiant détestables flatteurs,
Trafiquant du mensonge 8c de la calomnie ,
Et couvrant la vertu de leur ignominie.
Quel emploi pour César ! 8c quels foins douloureuxJe le plains , je gémis. ... il fait deux malheureux..Ah ! que n’ai-je embrassé cette retraite austèreOù depuis mon hymen s’est enfermé mon père !
II a fui pour jamais Fillusion des cours ,
L 1 espoir qui nous séduit, qui nous trompe toujours,La crainte qui nous glace , 8c la peine cruelleDe se faire à soi-même une guerre éternelle.
Que ne foulais-je aux pieds ma funeste grandeur !Je montai fur le trône au faîte du malheur.
Aux yeux des nations victime couronnée ,
Je pleure devant toi ma haute destinée ;
Et je pleure surtout ce fatal souvenir
Que mon devoir condamne, 8c qu’il me faut bannir.
Ici l’air qu’on respire empoisonne ma vie.
Zoé.
De Nicéphore au moins la sombre jalousiePar d’indiscrets éclats n’a point manifestéLe sentiment honteux dont il est tourmenté :
II le cache au vulgaire , à sa cour , à lui-même ;II sait vous respecter , Sc peut-êre il vous aime.