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Tome sixieme.
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Irene.

Ils pourraient soutenir ma sanglante querelle :

Mais le peuple ?

M E M N O N.

II vous aime : au trône il vous appelle,Sa fougue est passagère, elle éclate à grand bruit :Un instant la fait naître, un instant.,1a détruit.J’enflamme cette ardeur; 8cj’ose encor vous direQue je vous répondrais des cœurs de tout s empire.Paraissez seulement, mon Prince, & vous ferezDu Sénat 8c du peuple autant de conjurés.

Dans ce palais sanglant, séjour des homicides,

Les révolutions furent toujours r&pídes.

Vingt fois il a suffi pour changer tout P EtatDe la voix d’un pontife, ou du cri d’un soldat.

Ces soudains changemens font des coups de tonnerreQui dans des jours sereins éclatent fur la terre.

Plus ils font imprévus , moins on peut échapperA ces traits dévorans dont on fe sent frapper.

Nous avons vu passer ces ombres fugitives,

Fantômes d’empereurs élevés fur nos rives,Tombant du haut du trône en Féternel oubli,

Où leur nom d’un moment fe perd enseveli.

II est temps qu’à Bifance on reconnaisse un hommeDigne des vrais Césars, 8c des beaux jours de Rome.Bifance offre à vos mains le souverain pouvoir.Ceux que j’y vis régner n’ont eu qu’à le vouloir:Portés dans l’hippodrome, ils n’avaient qu’à paraîtreDécorés de la pourpre 8c du sceptre d’un maître.

Au temple de Sophie un prêtre les sacrait,

Et Bifance à genoux soudain les adorait.

Ils avaient moins que vous d’amis 8c de courage ;

Ils avaient moins de droits : tentez le même ouvrage,