Acte second. 289
Voilà ce que César a prétendu vous dire.
Alexis.
Les grands de qui la voix vous a donné l' empire,Qui m’ont fait de l’Etat le premier après vous ,Seigneur , pourront fléchir ce violent courroux.
Ils connaifíent mon nom, mon rang 8c mon service ;Et vous-même avec eux vous me rendrez justice.
Vous me laisserez vivre entre ces murs sacrésOue de vos ennemis mon bras a délivrés :
Vous ne m’ôterez point un droit inviolableQue la loi de l’Etat ne ravit qu’au coupable.
Nicephore.
Vous osez le prétendre ?
Alexis.
Un simple citoyen
L’oserait, le devrait; 8c mon droit est le sien ,
Celui de tout mortel , dont le sort qui rn'outrageN’a point marqué le front du sceau de l’esclavage :C’est le droit d’Alexis ; 8c je crois qu’il est dûAu sang qu’il a pour vous tant de fois répandu ,
Au sang dont sa valeur a payé votre gloire ,
Et qui peut égaler (sans trop rn’en faire accroire)
Ee sang de Nicéphore autrefois inconnu,
Au rang de mes aïeux aujourd’hui parvenu.
Nicephore.
Je connais votre race, 8c plus votre arrogance.
Pour la dernière fois redoutez ma vengeance.N’obéirez-vous point ?
Théâtre, Tom. VI.
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