Band 
Tome sixieme.
Seite
297
JPEG-Download
 

Acte troisième. 297

Leonce.

Les murs de Constantin font un champ de carnage.J’ignore , grâce aux cieux, quel étonnant orage,

Quels intérêts de cour, Sc quelles factionsOnt enfanté soudain ces désolations.

On m’apprend qu’Alexis, armé contre son maître,Avec les conjurés avait osé paraître.

L’un dit qu’il a reçu la mort qu’il méritait;

L’autre que devant lui son empereur fuyait.

On croit César blessé : le combat dure encore,

Des portes des sept tours au canal du Bosphore :

Le tumulte , la mort , le crime est dans ces lieux.

Je viens vous arracher de ces murs odieux.

Si vous avez perdu dans ce combat funesteUn empire, un époux ; que la vertu vous reste.

J’ai vu trop de Césars en ce sanglant séjourDe ce trône avili renversés tour à tour....

Celui de Dieu , ma fille, est seul inébranlable.Irene.

On vient mettre le comble à F horreur qui m’accable ;Et voilà des guerriers qui m’annoncent mon fort.

S C E A E III.

IRENE, LEONCE, ZOÉ, MEMNON, Suite.M E M N O N.

Il n’est plus de tyran : c’en est fait, il est mort ;

Je l’ai vu. C’est en vain qu’étouffant fa colère ,

Et tenant fous ses pieds ce fatal adversaire,

Son vainqueur Alexis a voulu F épargner.

Les peuples dans son sang brûlaient de fe baigner.