Acte troisième. ZoZ
Régnez, puisque je règne : 8c que ce jour commenceMon bonheur 8c le vôtre, 8c celui de Bisance.
Irene.
Ouel bonheur effroyable ! Ah, Prince, oubliez-vousQue vous êtes couvert du sang de mon époux ?
Alexis.
Oui, je veux de la terre effacer sa mémoire , (g-)
Oue son nom soit perdu dans l’éclat de ma gloire;Oue f empire romain, dans fa félicité,
Ignore s’il régna , s’il a jamais été.
Je fais que ces grands coups, la première journée ,
Font murmurer la Grèce 8c F Asie étonnée:
11 s’élève soudain des censeurs, des rivaux ;
Bientôt on s’accoutume à ses maîtres nouveaux ;
On finit par aimer leur puissance établie.
Ou on sache gouverner , Madame , Sc tout s’oublie.Après quelques momens d’une juste rigueurQue l’intérêt public exige d'un vainqueur ,
Ramenez les beaux jours où l’heureufe LivieFit adorer Auguste à la terre asservie.
Irene.
Alexis ! Alexis ! ne nous abusons pas :
Les forfaits 8c la mort ont marché fur nos pas ;
Le sang crie : il s’élève , il demande justice.
Meurtrier de César , suis-je votre complice ?
Alexis.
Ce sang sauvait le vôtre, 8c vous m’en punissez !
Qui? moi ! je suis coupable à vos yeux offensés !
Un despote jaloux, un maître impitoyable ,
Grâce au seul nom d’époux, est pour yous respectable?