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Tome sixieme.
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Acte troisième. 3 o 5

Alexis.

Et vous daignez parler avec tant de bonté !

Et vous vous obstinez à tant de cruauté !

Oue m’offrirait de pis la haine 8c la colère ?Serez-vous à vous-même à tout moment contraire ?

Un père, je le vois, vous contraint de me fuir:

A quel autre auriez-vous promis de vous trahir !

Irene.

Amoi-même, Alexis.

Alexis.

Non , je ne le puis croire ,

Vous n’avez point cherché cette affreuse victoire ;

Vous ne renoncez point au sang dont vous sortez,

A vos sujets soumis , à vos prospérités,

Pour aller enfermer cette tête adoréeDans le réduit obscur d’une prison sacrée.

Votre père vous trompe. Une imprudente erreur ,Après savoir séduit, a séduit votre cœur.

C’est un nouveau tyran dont la main vous opprime.II s’immola lui-même 8c vous fait fa victime.

N’a-t-il fui les humains que pour les tourmenter?Sort-il de son tombeau pour nous persécuter?

Plus cruel envers vous que Nicéphore même ,

Veut-il affaffmer une fille qu’il aime?

Je cours à lui, Madame , 8c je ne prétends pasQu’il donne contre moi des lois dans mes Etats.

S’il méprise la cour, 8c si son cœur s abhorre ,

Je ne souffrirai pas qu’il la gouverne encore,

Et que de son esprit simprudente rigueurPersécute son sang, son maître 8c son vengeur.

Théâtre. Tom. VI. V