Acte cinquième. 321
Je réordonnerai point qu’une odieuse fêteAu temple du Bosphore avec éclat «'apprête;
Je n’insulterai point à ces préventionsQue le temps enracine au cœur des nations.
Je prétends préparer cet hymen où j’aspireLoin d’un peuple importun qu'un vain spectacle attire.Vous connaissez l’autel qu’éleva dans ces lieuxAvec simplicité la main de nos aïeux ;
N’admettant pour garant de la foi qu’on se donnçQue deux amis, un prêtre 8c le ciel qui pardonne,C’est là que devant Dieu je promettrai mon cœur.Est-il indigne d’elle? inspire-t-il l’horreur?
Dites-moi par pitié fi son ame agitéeAux offres que je fais recule épouvantée ;
Si mon profond respect ne peut que ^'indigner ;
Enfin si je l'offense en la sesant régner.
Zoé.
Ce matin, je F avoue, en proie à ses alarmes,
Votre nom prononcé lésait couler ses larmes :
Mais depuis que Léonce ici vous a parlé,
L’œil fixe, le front-pâle, 8c F esprit accablé,
Elle garde avec nous un farouche silence ;
Son cœur ne nous fait plus la triste confidenceDe ce remords puissant qui combat ses désirs ;
Ses yeux n’ont plus de pleurs 8c fa voix de soupirs.
De son dernier affront profondément frappée,
De Léonce 8c de vous toute entière occupée,
A nos empreffemens elle n’a répondu
Que d’un regard mourant, d’un visage éperdu ;
Ne pouvant repousser de sa sombre penséeLe douloureux fardeau qui la tient oppressée.
Théâtre. Tom. VI. X