14 Bataille de Turin.
le plus généreux, le plus franc 8c le plus bravehomme de son pays qu’on ait jamais employé dansles ambassades, avait toujours combattu à côté dece souverain. II avait vu prendre le maréchal deMarsin, 8c il sut témoin de ses derniers momens.II m’a raconté que Marsin lui dit ces propres mots :Causes de Croyez au moins , Monsieur , que ça été contre mon avisla défaite de- „ ut nous VQUS av0ns attendu dans nos limes. Ces paroles
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semblaient contredire formellement ce qui s’étaitpassé dans le conseil de guerre, 8c elles étaient pour-tant vraies : c’est que le maréchal de Marsin , enprenant congé à Versailles, avait représenté au roiqu’il fallait aller aux ennemis , en cas qu’ils parussentpour secourir Turin : mais Chamillard , intimidé parles défaites précédentes, avait fait décider qu’ondevait attendre 8c non présenter la bataille ; 8c cetordre, donné dans Versailles, fut cause que soixantemille hommes furent dispersés. Les Français n’avaientpas eu plus de deux mille hommes tués dans cettebataille : mais on a déjà vu que le carnage faitmoins que la consternation, ^'impossibilité de sub-sister, qui ferait retirer une armée après la victoire,ramena vers le Dauphiné les troupes après la défaite.
# Tout était si en désordre que le comte de Médavi-Grancei, qui était alors dans le Mantouan avec un9 septembre corps de troupes, 8c qui battit à Castiglione les*7o6. impériaux , commandés par le landgrave de Hesse,depuis roi de Suède , ne remporta qu’une victoireinutile , quoique complète. On perdit en peu detemps le Milanais , le Mantouan , le Piémont 8cenfin le royaume de Naples.