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Tome vingt-unieme.
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de l’ Espagne. ig

que le maréchal de Vauban , le premier des ingénieurs,le meilleur des citoyens , homme toujours occupéde projets, les uns utiles , les autres peu praticables,& tous singuliers , proposa à la cour de France d’en-voyer Philippe V régner en Amérique ; ce prince yconsentit. On l’eût fait embarquer avec les espagnolsattachés à son parti. L’Espague eût été abandonnéeaux factions civiles. Le commerce du Pérou & duMexiquen’eût plus été que pour les Français ; 8c dansce revers de la famille de Louis XIV, la France eûtencore trouvé fa grandeur. On délibéra fur ce projetà Versailles : mais la constance des Castillans, 8cles fautes des ennemis , conservèrent la couronne àPhilippe V. Les peuples aimaient dans Philippe lechoix qu’ils avaient fait, 8c dans fa femme, fille duduc de Savoie, le foin qu’elle prenait de leur plaire,une intrépidité au-dessus de son sexe, 8c une cons-tance agissante dans le malheur. Elle allait elle-mêmede ville en ville animer les cœurs , exciter le zèle ,8c recevoir les dons que kii apportaient les peuples.Elle fournit ainsi à son mari plus de deux centsmille écus en trois semaines. Aucun des grands ,qui avaient juré d’être fidelles, ne fut traître. QuandGalloway fit proclamer l’archiduc dans Madrid, oncria, vive Philippe; Sc à Tolède, le peuple émuchassa ceux qui avaient proclamé l’archiduc.

Les Espagnols avaient jusque-là fait peu d’effortspour soutenir leur roi ; ils en firent de prodigieuxquand ils le virent abattu , 8c montrèrent en cetteoccasion une espèce de courage contraire à celuides autres peuples , qui commencent par de grandsefforts, 8c qui fe rebutent. II est difficile de donner

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On proposed’envoycrPhilippe V enAmérique.