74 Résistance des Catalans.
Philippe V. Lorsque les troupes de V archiduc traversèrent la Castille, ellesla trouvèrent presque déserte ; le peuple fuyait devant elles, cachait sesvivres pour n’ètre pas obligé de leur en vendre ; les soldats qui s’écar-talent étaient tués par les paysans. Les courtisannes de Madrid se rendirenten foule au camp des Anglais 8c des Allemands, dans Tintention d’yrépandre le poison que les compagnons de Co/omè avaient porté en Espagne.( Mém. de St Philippe. ) A peine sortis d'une ville, les partisans de Tar-chiduc entendaient le bruit des réjouissances que le peuple fesait enl’honneu xdc Philippe. Mais la nation arragonaise penchait pour l’archiduc.La haine entre les deux nations semblait setre réveillée. Les espagnolsdes deux partis montrèrent dans cette guerre le même caractère qu’ilsavaient déployé dans leurs guerres contre les Carthaginois 8c les Romains.La domination de Rome, des Goths 8c des Maures , la révolution dansla religion 8c dans le gouvernement ne Pavaient point changé. Plusieursvilles se défendirent comme Sagonte 8c comme Numance ; mais commedans ces anciennes époques, nulle réunion entre les différer.*» cantons,nul effort suivi 8c combiné : cette force de caractère ne se montrait quequand ils étaient attaqués, 8: alors elle devenait indomptable.
Les Catalans furent dépouillés de leurs privilèges; heureusement cesprétendus privilèges n’étaìent que des droits accordés aux villes 8c auxriches, aux dépens des «ampagnes 8: du peuple. Depuis leur destruction,l'industrie de cette nation s’est ranimée; ^agriculture, les manufactures,le commerce ont fleuri ; 8c "orgueil de la victoire a ordonné ce que dausun temps plus éclairé un gouvernement paternel eût voulu faire.