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Tome vingt-unieme.
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124 Madame.

Le roi, qui fit tous ses voyages de guerre à cheval,fit celui-ci pour la première fois dans un carrosse àglaces. Les chaises de poste n étaient point encoreinventées. La reine, Madame fa belle-sœur, la mar-quise de Montejpan étaient dans cet équipage superbe,suivi de beaucoup d’autres ; 8c quand M me deMontejpan allait feule, elle avait quatre gardes-du-corps aux portières de son carrosse. Le dauphin arrivaensuite avec sa cour , Mademoiselle avec la sienne ;c’était avant la fatale aventure de son mariage : ellepartageait en paix tous ces triomphes, 8c voyait aveccomplaisance son amant favori du roi, à la tête desa compagnie des gardes. On fêlait porter dans lesvilles où l’on couchait les plus beaux meubles dela couronne. On trouvait dans chaque ville un balmasqué ou paré , ou des feux d’artifice. Toute lamaison de guerre accompagnait le roi, 8c toute lamaison de service précédait ou suivait. Les tablesétaient tenues comme à St Germain. La cour visitadans cette pompe toutes les villes conquises. Lesprincipales dames de Bruxelles, de Gand, venaientvoir cette magnificence. Le roi les invitait à fa table ;il leur se sait des présens pleins de galanterie. Tousles officiers des troupes en garnison recevaient desgratifications. II en coûta plusieurs fois quinze centslouis d’or par jour en libéralités.

Tous les honneurs, tous les hommages étaientpour M me de Montejpan , excepté ce que le devoirdonnait à la reine. Cependant cette dame n’étaitpas du secret. Le roi lavait distinguer les affairesd'Etat des plaisirs.