Superstitions. 249
n’entendait parler qye de secrets magiques ; presquetout était illusion. Des savans, des magistrats avaientécrit sérieusement sur ces matières. On distinguaitparmi les auteurs une classe de démonographes. II yavait des règles pour discerner les vrais magiciens, lesvrais possédés d'avec les faux; enfin jusque vers cestemps-là on n’avait guère adopté de l’antiquité quedes erreurs en tout genre.
Les idées superstitieuses étaient tellement en ra- , SuperfU-cinées chez les hommes , que les comètes leseffrayaient encore en 1680. On osait à peinecombattre cette crainte populaire, Bernoulli,
l’un des grands mathématiciens de l’Europe, eurépondant à propos de cette comète aux partisansdu préjugé , dit que la chevelure de la comètene peut être un signe de la colère divine, parceque cette chevelure est éternelle ; mais que laqueue pourrait bien en être un. Cependant ni latête ni la queue ne font éternelles. II fallutque Baylt écrivît contre le préjugé vulgaire unlivre fameux , que les progrès de la raison ontrendu aujourd’hui moins piquant qu’il ne l’était /alors.
On ne croirait pas que les souverains eussent Philosophieobligation aux philosophes. Cependant il est vraique cet esprit philosophique. qui a gagné presquetoutes les conditions, excepté le bas peuple , abeaucoup contribué à faire valoir les droits dessouverains. Des querelles , qui auraient produitautrefois des excommunications , des interdits ,des schismes , n’en ont point causé. Si on a ditque les peuples seraient heureux quand ils auraient