POESIE. 267
le goût cultivé. Si l’on trouvait dans l’antiquité unpoëme comme Armide , ou comme Atys , avec quelleidolâtrie il serait reçu ! mais Quinault était moderne.
Tous ces grands-hommes furent connus & pro-tégés de Louis XIV , excepté la Fontaine. Son extrêmesimplicité , poussée jusqu’à l’oubli de soi-même ,l’écartait d’une cour qu’il ne cherchait pas. Mais leduc de Bourgogne l’accueillit ; Sc il reçut dans favieillesse quelques bienfaits de ce prince. II était ,malgré son génie , presque aussi simple que les hérosde ses fables. Un prêtre de Moratoire, nommé Pouget,se fit un grand mérite d’avoir traité cet homme demœurs si innocentes , comme s’il eût parlé à laBrinvilliers Sc à la Voisin. Ses contes ne font queceux du Pogge, de VArio/te Sc de la reine de Navarre.Si la volupté est dangereuse, ce ne sont pas desplaisanteries qui inspirent cette volupté. On pourraitappliquer à la Fontaine son aimable fable des animauxmalades de la pejle , qui s’accusent de leurs fautes : ony pardonne tout aux lions, aux loups Sc aux ours:Sc un animal innocent est dévoué pour avoir mangéun peu d’herbe.
Dans l’école de ces génies, qui seront les délices Scl’instruction des siècles à venir , il se forma une fouied’esprits agréables, dont on a une infinité de petitsouvrages délicats qui font l’arnusement des honnêtesgens, ainsi que nous avons eu beaucoup de peintresgracieux, qu’on ne met pas à côté des Poiijfm , desle Sueur , des le Brun , des le Moine Sc des Vanlo.
Cependant, vers la fin du règne de Louis XIV,deux hommes percèrent la foule des génies médiocres,
La Molle.