282 Savans Anglais.
celle qu 'Addijson a possédée ; non-seulement il s’estimmortalisé par son Caton , la seule tragédie anglaiseécrite avec une élégance 8c une noblesse continue ;mais ses autres ouvrages de morale Sc de critique res-pirent le goût ; on y voit par-tout le bon sens paré desfleurs de l’imagination ; fa manière d écrire est unexcellent modèle en tout pays. 11 y a du doyen Swiftplusieurs morceaux dont on ne trouve aucun exempledans b antiquité; c’est Rabelais perfectionné.
Les Anglais n’ont guère connu les oraisons funèbres;ce n’est pas la coutume chez eux de louer des rois8c des reines dans les églises ; mais f éloquence dela chaire , qui était très-groffière à Londres avantCharles II, fe forma tout d'un coup. L’évêque Burnetavoue dans ses mémoires que ce fut en imitant lesFrançais. Peut-être ont-ils surpassé leurs maîtres :leurs sermons font moins compassés , moins affectés ,moins déclamateurs qu’en France-..
II est encore remarquable que ces insulaires séparésdu reste du monde, 8c instruits si tard, aient acquispour le moins autant de connaissances de Fantiquitéqu’on en a pu rassembler dans Rome , qui a été silong-temps le centre des nations. Marsham a percédans les ténèbres de l’ancienne Egypte ; il n’y a pointde Persan qui ait connu la religion de Xgroajlre commele savant Hyde. L’histoire de Mahomet Sc des tempsqui le précèdent était ignorée des Turcs, 8c a étédéveloppée par sanglais La/e, qui a voyagé si utilementcn Arabie.
II n’y a point de pays au monde où la religionchrétienne ait été si fortement combattue, 8c défenduesi savamment qu’en Angleterre. Depuis Henri VIII