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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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«gens et de ses conseils, connût tout; par l’initiative des lois fitpasser toutes les acquisitions de l’expérience, toutes les lumièrespositives du gouvernement, dans le code de la république ; parson irresponsabilité, fût un point fixe et immuable, autour du-quel tout devient solide et constant ; autour duquel rien ne pûts’agiter pour ébranler, et tout pût se mouvoir avtc une hauteassurance pour tout perfectionner.

Vous avez voulu que le peuple n’eût pas un besoin dont il nepût faire entendre les cris ; pas un sentiment de mépris et deblâme qu’il ne pût rendre redoutable par sa censure ; pas unressentiment légitime contre les ministres du pouvoir, qu'il nepût porter devant la justice nationale ; pas une vue neuve, puiséedans la philosophie de l’Europe , qu’il ne pût opposer devant lapuissance législative aux vues pratiques et aux habitudes prisesdu gouvernement de la France .

Vous avez pensé que la confection des lois ne devoit être con-fiée qu’à cette faculté de l’esprit humain, qui est toujours froideet calme, qui se recueille toujours et ne s’élance jamais, qui nedoit jamais s’agiter pour ne pas agiter ces balances où elle peseet les vérités et les erreurs, et les opinions communes dont laclarté soudaine frappe et trompe, et les découverfes récentesdont les preuves approfondies sortent à chaque instant davantagede l’obscurité où elles se dérobent d’abord : cette faculté del’esprit humain, c’est le jugement; et vous avez institué un con-seil législatif qui sera toujours en repos et en silence, quiécoutera tout pour tout juger, et ne parlera jamais que pourénoncer les lois du fond de son sanctuaire.

Vous avez cherché à donner à votre nouvelle organisationsociale une stabilité, et pour ainsi dire, une perpétuité jusqu’à cejour refusée aux choses humaines; et pour cela vous avez fait,du temps qui détruit tout, un principe de conservation ; vousavez composé un sénat d’hommes arrivés à cet âge où tous lesgrands mouvemens s’arrêtent ou se modèrent, où on n’espere plusrien à acquérir, et où ou craint de tout perdre ; vous avezcomblé en eux toutes les ambitions vertueuses, et vous h s avezmis dans l’impossibilité de concevoir même une ambition nou-velle ; vous les avez placés, en quelque sorte, \ivans hors del’enceinte de la vie, pour que de là, comme des divinités tuté-laires, ils surveillent les actes, ils conservent les lois d’un mondedevenu étranger à leurs passions, et qui n’existe plus que pourleur raison et pour leur sagesse.

Vous avez appelé indistinctement tous les Français à l’exer-cice des droits de l’homme et du citoyen ; vous n’avez pas con-senti à resserrer des droits qui prennent leur source dans lanature, pour étendre les droits de la propriété qui ne s’établis-sent que dans l’ordre social ; mais vous avez tellement disposéet dirigé trente millions d'hommes dans cet exercice sacré deleurs droits, que trop aisément ils peuvent exercer pour leurmalheur; vous faites sortir tellement du milieu d’une population