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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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Mais quels que soient nos avantages, quel que soit le perfection,nement de notre espece, les bons esprits sont forcés de convenirqu’aucune société ne. pourrait subsister suris morale, et que l’onne peut encore se passer de magistrats et de lois.

Or, l’utilité ou la nécessité de la religion 11e dérive-t-elle pas îlela nécessité même d’avoir une morale? L’idée d'un Dieu législa-teur n’est-elie pas aussi essentielle au monde intelligent, queau monde physique celle d’ùn Dieu créateur et premier moteur detoutes les causes secondes? L’athée qui ne reconnaît aucun desseindans l’univers, et qui semble n’user de sou intelligence que pourtout abandonner à une fatalité aveugle, peut-il utilement prêcherla réglé des mœurs, eu desséchant par ses désolantes opinions lasource de toute moralité?

Pourquoi existe-t-il des magistrats ? pourquoi existe-t-il deslois? pourquoi annoncent-elles des récompenses et des peines!C'est que les hommes 11e suivant pas uniquement leur raison; c’estqu’ils sont naturellement disposés à espérer et à ci oindre et queles instituteurs des nations ont cru devoir mettre cette dispositionà profit pour les conduire au bonheur et à la vertu. Commentdonc la religion, qui fait de si grandes promesses et de si grandismenaces, ne serait-elle pas utile à la société !

Les lois et la morale 11e sauraient suffire.

Les lois ne règlent que certaines actions ; la religion les em-brasse toutes. Les lois n’arrêtent que le bras ; la religion réglé lecœur. Les lois ne sont relatives qu’au citoyen ; la religion s’em-pare de l’homme.

Quant à la morale, que serait-elle si elle demeurait réléguée dansla haute région des sciences et si les institutions religieuses ne l’enfaisaient pas descendre pour la rendre sensible au peuple !

La morale sans préceptes positifs laisserait la raison sans réglé;4 a morale sans dogmes religieux ne serait qu’une justice sans tri-bunaux.

Quand nous parlons de la force des lois, savons-nous bien quelest le principe de cette force ? 11 réside moins dans la bonté deslois que dans leur puissance. Leur bonté seule serait toujoursplus ou moins un objet de controverse. Sans doute une loi estplus durable et mieux accueillie quand elle est bonne; niais sonprincipal mérite est d’être loi, c’est-à-dire, son principal mériteest d'être .non un raisonnement mais une décision ; non un simplethese mais un fait. ’ Conséquemment une morale religieuse, qui serésout en commandemens formels, a nécessairement une forcequ’aucune morale purement philosophique ne saurait avoir. Lamultitude est plus frappée de ce qu’on lui ordonne que de ce qu’onlui prouve. Les hommes, en général, ont besoin d’être fixés; illeur faut des maximes plutôt que des démonstrations.

La diversité des religions positives ne saurait être présentée commeun obstacle à ce que la vraie morale, à ce que la morale naturellepuisse jamais devenir universelle sur la terre. Si les diverses re-ligions positives 11e se ressemblent pas, si elles different dans leur