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ment manifesté le désir louable de n’enseigneur que ce qui estbon, que ce qui est raisonnable; mais se sont-ils accordés entreeux sur ce qu’ils réputaient raisonnable et bon ? Regne-t-il unegrande harmonie entre ceux qui ont discuté et qui discutent en-core les dogmes de la religion naturelle ? chacun d’eux n’a-t-il passon opinion particulière, et n’est-il pas réduit à son propre suf-frage? Depuis les admirables offices du cousu! Romain, a-t-onfait, par les seuls efforts de la science luimaine, quelque décou-verte dans la morale? Depuis les dissertations de Platon , est-onagité par moins de doutes dans la métaphysique ? S’il y a quel-que chose de stable et de convenu sur l’existence et l’imité deDieu , sur la nature et la destination de l'homme, n’est-ce pas aumilieu de ceux qui professant un culte et qui sont unis entr’euxpar les liens d’une religion positive ?
L'intérêt des gouvernemens humains est donc de protéger lesInstitutions religieuses, puisque c’est par elles que la conscienceintrevient dans toutes les affaires de la vie, puisque c’est par ellesque la morale et les grandes vérités qui lui servent de sanction etd’appui, sont arrachées à l’esprit de système pour devenir l’objetde la croyance publique, puisque c’est par elles enfin que la so-ciété entière se trouve placée sous la puissante garantie de l’au-teur même de la nature.
Les états doivent maudire la superstition et le fanatisme.
Mais sait-on bien que serait uu peuple de Sceptiques et d’A-tbées?
Le fanatisme de Muncer, chef des anabaptises, a été cer-tainement plus funeste aux hommes que l’athéisme de Spinosa.Il est encore vrai que des nations agitées par le fanatisme se sontlivrés par intervalles à des excès et à des horreurs qui font frémir.
Mais la question de préférence entre la religion et l’athéisme,ne consiste pas à savoir si, dans une hypothèse donnée, rl n’est pasplus dangereux qu’un tel homme soit fanatique qu’athée, ou si,dans certaines circonstances, il ne vaudrait pas mieux qu’un peu-ple fut athée que fanatique: mais si, dans la durée des feras etpour les hommes en général, il ne vaut pas mieux que les peuplesabusent quelquefois de la religion que de rien point avoir.
L’effet inévitable de l'athéisme, dit un grande homme, est denous conduire à l'idée de notre indépendance et conséquemment denotre révolte. Quel écueil pour toutes les vertus les plus néces-saires au maintien de l’ordre social!
Le scepticisme de l’athée isole les hommes autant que la reli-gion les unit : il ne les rend pas tolérans mais frondeurs ; il dénouefous les fils qui nous attachent les uns aux autres; il se sépare detout ce qui le gène, et il méprise tout ce que les autres croient : ildesséche la sensibilité ; et étouffe tous les inouvemens spontanésde la nature ; il fortifie l’amour-propre, et le fait dégénérer en unsombre égoïsme ; il substitue des doutes à des vérités ; il arme lespassions, et il est impuissant contre les erreurs ; il n’établit aucunsystème, il laisse à chacun le droit d’en faire; il inspire des pré*