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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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i'eclionnement et la dignité de l’espece humaine, et.celle des de-voirs qui font prospérer les nations.

Telles sont les bases de la croyance et des mœurs des protes-tans de tous les pays. Tels se sont montrés ceux de France ,même pendant le siècle dernier, si fertile pour eux en événeniensdéplorables. Tant de malheurs ne purent étouffer au fond deleur cœur, l’amour qu’ils avaient pour leur ingrate patrie.

Ils défendirent le trône qui les opprimait en refusant d’entrerdans les vues d’une puissance alors armée contre la France , et quisur tous les points du territoire qu’ils habitaient chercha plusieursfois à leur inspirer des dispositions hostiles, pour seconder sesprojets contre elle. Le chef de l’ancien gouvernement eutconnaissance de leur magnanime générosité et du mal incalcula-ble qu’ils eussent pu lui faire. Dès-lors il se montra plus juste àleur égard.

Si, dans une situation si voisine du désespoir, les protestansFrançais ont pu, par leur système religieux et l’ascendant de leurspasteurs, étouffer des ressentimens bien légitimes et d’autant plusfaciles à satisfaire, qu’ils n’avaient qu’à vouloir pour réussir, quen’en doit pas espérer le gouvernement actuel qui, après ayoir ar-rêté ce torrent du sang, où celui des enfaus s’est mêlé pour letriomphe de la république, leur donne la certitude que ce sang,jadis menacé par des imaginations délirantes, désormais à l’abrides fureurs et des passions haineuses, ne sera plus versé que pour lagloire de la patrie; ce gouvernement qui, après avoir réconcilié lagrande nation avec toutes les nations de l’univers, a réconciliéentre elles les opinions politiques et religieuses, d’un bout à l’antredu territoire Français , leur a permis de se manifester, mais à con-dition de ne point se combattre ; leur a laissé à toutes la liberté depenser et d’agir, mais eu leur ordonnant de se supporter, de serespecter mutuellement ; qui, enfin, après avoir perfectionné lalégislation, épuré, adouci les mœurs, frappera de sa massue lesinsensés qui, pour propager, étayer ou venger leur principes, quellesqu’en soit la nature ou la couleur, voudraient renouveller lesanciennes ou les nouvelles proscriptions, ouvrir encore les cachots,dépouiller les familles, et arroser la terre du sang de leurs conci-toyens.

Puissent ces faits et ces réflexions, qu’il est plus utile qu’on nepense, de publier à cette tribune, dissiper l’illusion de ce petit nom-bre d’hommes qui, dans l’extrême ignorance des causes de la ré-volution, attribuent aux protestans l’intensité des maux qui la sui-virent de près. La religion reformée n’est pas, plus que les au-tres religions, avide de changemens politiques, qui, nulle part, nepeuvent tournera son profit, parce que la simplicité est sou essence,l’agriculture, les arts et le commerce son domaine, et que sa con-dition est d’être étrangère à toute administration et à l’exercice defoute puissance publique. Il est de sa nature de craindre les in-