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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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ries colonies, devenues elles mêmes nécessaires â notre existence 1Mais quel bien les Africains retireraient-ils de notre renonciationà la traite? L’esclavage serait-il pour celà aboli dans leur pays?Les prisonniers de guerre cesseraient-ils d’être mis dans les fers?Les débiteurs insolvables ne perdraient-ils plus les prérogativesd'hommes libres ? Les maures ne viendraient-ils plus traiter desAfricains ? Les autres nations de l’Europe suivraient-elles notreexemple ? Non, l’Afrique conserverait son organisation actuelle, etles vaisseaux Européens cingleraient toujours vers les Antilles pour y porter les cultivateurs que leur industrie agricole réclamede l’Afrique .

Sans améliorer sous aucun rapport le sort des noirs, nous nouspriverions des avantages que nous retirons de la traite, et nous fe-rions passer dans la main des étrangers les 39,000,000 que lecommerce de la côte d’Afrique versait dans notre commerce.Car, n’en doutez-pas, citoyens tribuns, à notre défaut, la contre-bande viendrait suppléer à l’importation des noirs, et l’intérêt descolons, comme l’avidité des vendeurs, sauraient se jouer detoutes les entraves, de toutes les prohibitions qu’on voudrait op-poser. Je sais qu’on peut m’objecter que le premier ministred’une grande puissance commerciale de l’Europe , aussi éclairésur les intérêts de son pays que sur ceux des autres états dumonde, a proposé l’abolition de la traite des noirs. Mais je saisaussi qu’il a éprouvé la plus forte résistance de la part d’hommesaussi intéressés que lui au bien de leur pays. Je n’examinerai passi il a été guidé dans sa démarche par des vues d’humanité ou pard’autres motifs. Mais je me bornerai à dire que ceux qui com-battaient ordinairement à ses côtés, se sont montrés dans cettecirconstance, comme les avocats de la cause Européenne , et ontété ses plus terribles adversaires; que quelle qu’ait été sa pensée,il est bon qu’on n’ignore pas que ce n’était pas celle du commercede sa nation, et par-tout le commerce connaît aussi bien que legouvernement les intérêts de son pays. On se tromperait, mescollègues, si l’on ne voyait pas un terme à la traite des noirs ; plu-sieurs causes doivent nécessairement la limiter et la faire dispa-raître un jour.

D’une part, les changcmens, que les efforts constans et multi-pliés de l’humanité, apporteront dans son état actuel, en civilisantles peuples grossiers de l’Afrique , en les amenant par degrés à l’a-griculture, au commerce, en introduisant peu à peu les principesqui nous régissent, ils tendront à faire disparaître l’esclavage d’aumilieu d’eux, et les détourneront d’un commerce que l'humaniténe peut avouer, niais que la politique est forcée de tolérer. D’uneautre part, à mesure que les colonies s’avanceront vers leur pros-périté, le besoin de nouveaux bras diminuera ; avant cette époquemême il se fera moins sentir, si des réglemens sages, mais com-patibles avec l’organisation coloniale , favorisent la population s’ilsveulent à la conservation de la niere pendant la grossesse, et le temq'PtelJe allaitera ses enfans; s’ils écartent du jeune noir les nia-

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