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levé, tellement consolidé le bienfait, qu’il est juste de relever etconsolider la récompense.
Pour remplir ce devoir, pour acquitter la promesse du peuple,comme le veulent sa grandeur et sa justice, le gouvernement pro-pose la forma!ion d’une légion d’honneur.
Le tribunal a vu dans ce mode de récompenses militaires, deuxgrands avantages.
1 °. Sans blesser les principes de la constitution, le projet deloi rend aussi éclatant que possible, la distinction déjà établie parles brevets d’honneur.
2°. Il fixe les pensions attachés à ces brevets d’honneur d’unemaniéré indépendante du trésor public, et conforme à l’intérêt na-tional.
Aujourd’hui, citoyens législateurs, les brevetés jouissant peu decette récompense qu’aucune autre ne peut racheter ; isolés, incon-nus, ils sont, pour ainsi dire, périssables sur le vaste champ deleur gloire. Le cœur ému des Français les demande en vain, envain l’œil curieux de l’étranger les cherche dans la foule : rien neles désigne à la reconnaissance des Fiançais à l’admiration del'étranger; et lorsque le service se voit partout, la récompense nese voit nulle part.
Cet état s’améliore par le projet de loi. Désormais les brevetésauront pour chef, le chef du gouvernement. Formés en légion,ils se prêteront réciproquement l’éclat de leurs grandes actions etcette masse commune de gloire les embrassera tous de sa vasteauréole.
Ils sont divisés en quinze cohortes, dont chacune aura son chef-lieu. Ainsi quinze chefs lieux leur serviront de points centrauxsur le sol de la république. Ainsi ces rivages et ces monts ac-coutumés depuis dix ans au bruit de leurs victoires, retentirontdes accens plus doux de leurs triomphes.
Nommés à vie et n’étant pas amovibles, chacun de leurs jourssera jusqu’à la fin de leur existence, marqué du caractère sacréde la gloire.
. Enfin quels que soit leur uniforme ou leurs décorations, les lé-gionnaires seront reconnus au milieu de leurs concitoyens, et ce n’estqu’alors qu’ils seront dignement récompensés.
Ils le seront dignenm^J ils ne peuvent point l’être davantage ;la république ne peut pas mieux s’acquitter envers ses défenseurs;et certes il n’est point de vœux si ambitieux qui ne doivent êtresatisfaits par une distinction qui suit l’homme jusqu’au tombeau;le législateur ne peut rien voir au-delà: car il faudrait oublier to-talement le siècle où nous vivons, pour supposer désirables parminous des distinctions héréditaires. Les châtimens sont personnelscomme tes délits; les récompenses doivent être personnellescomme les services ; et il n’y a pas plus de véritable gloire dansdes récompenses héréditaires qu’il n’y aurait de boute dans despunitions héréditaires. Cette vérité démontrée à tous les bonsesprits, est de plus, chere à tous les cceur3 généraux. La vanitépeut présenter à l’homme indolent, dégénéré, l’image des vertuî