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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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citoyens engagés dans les services civils, doués des qualités civilesauront sur les militaires oisifs, le même avantage, qu’après une siterrible guerre ceux-ci ont dû avoir sur les premiers; 3o, Enfinpour être en droit de préjuger que le nombre des hommes civils nesera pas proportionné avec celui des militaires, et que les uns se.ront plus favorisés que les autres, il faudrait que le corps électo-ral de la légion fut militaire : or, je vois que le m de établi pourla composition, tend à le rendre plutôt civil que militaire, puis-qu’il est formé des trois consuls et des délégués de quatre corpora-tions civiles.

Je passe à la seconde objection. On a dit : “ Le projet porte,

“ qu après la première formation, il faudra passer par le plus sim-“ pie grade pour parvenir aux grades supérieurs; or, cette cott-“ dition n’est imposée que pour les services civils, et une action“ d’éclat à la guerre suffit pour autoriser une nomination à tous“ les grades. Ainsi, (a-t-on ajouté) un militaire entrera dans la41 légion connue grand-officier, tandis que Montesquieu , tenant à“ la main l’Esprit des Lois, n'entrera que par le grade légion-'• naire.”

Je réponds d’abord que la loi laisse à l’arbitrage du grand-con-seil l’admission des membres de la légion ; que ce grand-conseilest essentiellement civil, qu’ainsi quand il anra à balancer entreun magistrat tel que Montesquieu , et un militaire, il n’éleveracelui-ci au-dessus du premier que pour un de ces actes de dévoue-ment, tels que le prix de l’honneur lui soit dû de préférence auplus beau livre ; et ici, j’ose ajouter que Montesquieu serait lepremier à mettre en principe que l'utilité d'un livre, et celle d’uneaction périlleuse étant égales, le grade d’honneur est dû à l’actionque l’bonneur seul peut inspirer : or, la composition du meilleurlivre n’est pas une des actions qui n’ont leur source que dans l’hon-neur, et il serait révoltant qu’un guerrier qui aurait sauvé la pa-trie fût réduit à passer par le dernier grade; au lieu que jamaisl’opinion ne s’offensera de ne pas voir arriver d’emblée au premierrang un officier civil.

Vient enfin cette question; Pourquoi le projet de loi a-t-ilmilitarisé l’institution au lieu de la civiliser'! Il n’y a de militairedans l'institution que son titre de légion et les dénominations desgrades.

Au fond, la légion est une institution morale, politique, civile etmilitaire. De tous les reproches auxquels le gouvernement pou* |vait s’attendre, le dernier était, sans contredit, celui d’avoir formeune corporation militaire. Quatre mille sabres d’honneur ont été jdistribués dans l’armée Française, et qitcune distinction civile lia 1encore été accordée. En cela se rencontrait une grandeinégalité entre le civil et le militaire. Cependant personne nesongeait à réclamer contre elle, lorsque le gouvernement a eu re-cours au moyen de la faire cesser et a proposé la légion; etcestlorsqu’il y appelle les hommes distingués par les services civils,qu’on l’accuse de les méconnaître! Quoi de plus injuste! Toutétait si bien! a dit hier un honorable membre du tribnnat; tint