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factures; exempt d’ambition, parce qu’il n’a pas besoin d'uutlongue prévoyance, son incurie égaie celle du Caraïbe , de qui un
écrivain philosophe a dit.“ Il vient pleurer le soir pour qu’on
lui rende le lit de coton qu’il a vendu le matin.”
Les cultures languiraient, et d’autres causes encore concour-raient à anéantir notre commerce. La France pourrait-elle comp-ter sur des colonies peuplées en majeure partie de noirs libres !Leurs intérêts deviendraient bientôt indépendans de toute afft?.tion pour la métropole, car la patrie absente pour le negre desAntilles, c’est l’Afrique . Les sacrifices que fait avec joie le colonattaché à la France par la conformité des mœurs, par des rela-tions d’amitié, par les liens du sang, ces sacrifices légers pourun Créole originaire d’Europe , paraîtraient graves à l’Africain.Nous verrions celui-ci bientôt éluder le régime prohibitif, sanslequel ne seraient administrées par nous qu’au profit de nosvoisins. Le monopole de nôtre commerce, en effet, en renché-rissant pour les autres peuples les produits de nos colonies, res-treint la consommation de ces produits, diminue la réproduction,et met d’utiles entraves à l’industrie du colon qui encore paieplus chèrement les marchandises de l’étranger, parce quelles luiparviennent d’une main tierce. Tels sont, législateurs, les désa-vantages du Créole ; il eut toujours assez de patriotisme pour s’ysoumettre ; car tels sont aussi les avantages des métropoles d’Eu-rope dans tout système colonial. Que les noirs y deviennentpropriétaires ; et bientôt toutes les denrées récoltées passerontdans un commerce de contrebande. Il faut donc que les pro-priétés et le pouvoir soient dans les mains des blancs peu nom-breux ; il faut que les negres en grand nombre soient esclaves...Tout l’exige, la sûreté du colon, l’activité des cultures, la conser-vation des colonies, l’intérêt du trésor public, commerce, colo-nies, finances, parties du même tout, élémens homogènes que lapensée sépare un moment pour les analyser, et qu’elle est forcéede rassembler pour les mieüx définir.
Employons donc les seuls moyens, qui puissent nous garantirl’utilité et la conservation de notre territoire d’outre-mer.
Sans la possession de ces colonies ainsi mises en valeur par desmains esclaves, plus de commerce en Afrique , plus de moyensd’accroître nos pêcheries qui manqueraient de débouchés. L’ac-tivité de nos cultures, et de nos manufactures en Europe déchoi-rait, ainsi que notre commerce aux Indes Orientales ; notre puis-sance navale éprouverait, au sein de la paix, les plus funesteséchecs, par la diminution de nos matelots et de nos ouvriers.Tant de maux variés résulteraient de la liberté des noirs, car nosintérêts politiques sont tous liés à la grande question qui vousest soumise. Ainsi les deux lois qui doivent terminer cette mé-morable session présentent le plus vaste intérêt; elles se prêtentun appui réciproque ; l’une fécondera la paix que l’autre auraconfirmée.
L’impression de ce discours est ordonnée.